Un élu de l'extrême droite, converti à l'islam, suspendu pour "prosélytisme"

25/10/14 à 19:51 - Mise à jour à 19:49

Source: Belga

Un élu du Front National, parti d'extrême droite français, récemment converti à l'islam, a été suspendu par sa formation qui lui reproche d'avoir fait du "prosélytisme" en envoyant une vidéo sur l'islam à des cadres du FN, a-t-on appris samedi.

Un élu de l'extrême droite, converti à l'islam, suspendu pour "prosélytisme"

© Reuters

Maxence Buttey, conseiller municipal à Noisy-le-Grand, près de Paris, a été "suspendu provisoirement", a déclaré Jordan Bardella, secrétaire départemental du FN en Seine-Saint-Denis, confirmant une information du quotidien Le Parisien.

Selon M. Bardella, l'élu a, "par son attitude, dépassé une limite". "Ce n'est pas sa religion qui est en question mais il a fait ouvertement du prosélytisme en envoyant une vidéo qui vantait l'islam. Il est sorti de la sphère privée", a-t-il dit.

Élu en mars dernier, Maxence Buttey, 22 ans, dément "fermement" les accusations de son parti et préfère expliquer qu'il a envoyé cette vidéo pour "expliquer" sa conversion. Selon lui, cette vidéo a été adressée à "une dizaine" de cadres lors d'un échange d'emails et présente "des miracles scientifiques", dont certains étaient prédits dans le Coran, affirme-t-il.

"Face à l'incompréhension sur mon choix, j'ai voulu m'expliquer, montrer une autre image de cette religion. L'islam, ce n'est pas le djihad", explique cet étudiant en droit converti depuis le mois de juillet, reconnaissant avoir fait "un mauvais choix".

"Il a eu un comportement prosélyte dans l'enceinte du parti", a jugé samedi le vice-président du Front national, Florian Philippot. "Sa religion n'est pas l'affaire du parti car nous défendons la laïcité. Mais là, on a quitté le domaine de la conviction personnelle et de la foi. Un parti politique n'est pas le lieu pour cela".

Une "commission des conflits" se réunira fin novembre pour "faire la transparence" et que "chacun puisse s'exprimer", a dit M. Philippot. Suspendu de façon temporaire, le conseiller municipal pourrait alors être exclu du Front national, parti qui dénonce l'immigration massive et "l'islamisation de la France".

Nos partenaires