Un chouchou du "printemps érable" au parlement québécois

06/09/12 à 10:58 - Mise à jour à 10:58

Source: Le Vif

Léo Bureau-Blouin, un des leaders emblématiques du mouvement étudiant au Québec, devient à 20 ans le plus jeune député élu à l'Assemblée nationale. Un relais politique important pour la jeunesse québécoise, alors que Pauline Marois vient d'annoncer l'annulation de la hausse des frais de scolarité, à l'origine de ce mouvement.

Un chouchou du "printemps érable" au parlement québécois

© Reuters

Propulsé sur le devant de la scène au moment de la mobilisation étudiante contre l'augmentation des frais de scolarité au Québec, le jeune Léo Bureau-Blouin a indéniablement réussi son entrée en politique. Elu avec près de 38% des suffrages face au ministre délégué des finances sortant Alain Paquet, il a séduit la circonscription de Laval-des-Rapides où il a été propulsé, cet été, par le Parti québécois. Rien d'étonnant à cela: en plus de son extraordinaire maturité politique qui l'a très tôt démarqué des autres leaders de la contestation étudiante, il a tenu à effectuer une campagne de terrain efficace, allant à la rencontre des citoyens de sa circonscription dans les bars et les épiceries.

Le militant timide et aux joues creuses au début du printemps érable a très vite laissé la place à un orateur politique sûr de lui, qui a su séduire un électorat jeune en axant sa campagne sur l'abolition de la loi spéciale interdisant les manifestations et l'annulation de la hausse des frais de scolarité à l'université. Il vient d'obtenir gain de cause à ce sujet; la future chef du gouvernement, Pauline Marois, vient d'annoncer l'annulation de a hausse des frais de scolarité. Ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, ce fils de militants associatifs dispose d'une certaine expérience sur les questions d'éducation. Déterminé à faire aboutir les demandes du mouvement des étudiants québecois, il a pour ambition de conserver au Québec " l'éducation la plus accessible en Amérique du Nord". Reste à savoir s'il arrivera à peser au sein même de son parti qui prône plutôt une indexation des frais de scolarité face au gel qu'il propose.

Le "retour du progressisme à l'Assemblée Nationale"

Mais le jeune député ne s'adresse pas uniquement aux électeurs de sa génération; il se propose de " ramener la paix sociale au Québec, ramener le consensus" et d'engager des mesures ciblées en direction des personnes âgées, pour la hausse du salaire minimum ou encore pour améliorer les transports dans sa circonscription. Il a d'ailleurs salué la victoire de son parti hier comme le "retour du progressisme à l'Assemblée Nationale". Son élection, quant à elle, démontre son passage avec brio de la mobilisation étudiante à l'univers politique en réussissant à séduire une population québécoise majoritairement hostile aux revendications du printemps érable.

Léo Bureau-Blouin promet de placer son mandat sous le signe du compromis: "Il y a différentes façons de concevoir l'action politique. Je conçois l'action de façon pragmatique. On a un but et on fait ce qu'on peut pour s'en approcher. D'autres voient l'objectif comme un absolu à atteindre, sinon rien. Je ne pense pas que ça peut fonctionner". C'est sans doute cette vision qui l'encourage aujourd'hui à poursuivre des études de droit en parallèle à son travail de député. Une manière de donner l'exemple à ses jeunes concitoyens. Car, en politique, affirme-t-il, il s'agit de "donner espoir".

Par Clothilde Mraffko, L'Express

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