Un "cessez-le-feu respecté" et une feuille de route en Ukraine avant de livrer les Mistral

01/01/15 à 11:09 - Mise à jour à 11:07

Source: Belga

La France attend "un cessez-le-feu respecté" et "une feuille de route politique" en Ukraine pour livrer les navires de guerre Mistral vendus à la Russie, même si "des efforts" dans le bon sens sont enregistrés dans la région, selon le ministre français de la Défense.

Un "cessez-le-feu respecté" et une feuille de route en Ukraine avant de livrer les Mistral

© Reuters

"Il faut qu'il y ait dans cette partie de l'Europe un processus de cessez-le-feu respecté et une feuille de route politique qui permettent d'envisager des lendemains de sérénité et de calme. A ce moment-là, le président de la République estimera si les conditions (de livraison) sont réunies", a déclaré jeudi le ministre, Jean-Yves Le Drian, sur la radio Europe 1. M. Le Drian s'exprimait depuis N'Djamena, où il rendait visite aux militaires français engagés au Tchad et dans la région contre des groupes islamistes radicaux.

Paris a annoncé fin novembre le report "jusqu'à nouvel ordre" de la livraison du premier Mistral, considérant "que la situation actuelle dans l'est de l'Ukraine" ne permettait toujours pas cette livraison. Le contrat porte sur deux de ces navires multifonctions, destinés aux opérations de projection et de débarquement.

"Je vois qu'il y a des efforts qui se font, mais tant qu'ils ne sont pas tangibles et vérifiés, on ne peut pas se prononcer", a ajouté M. Le Drian, sans préciser la nature des "efforts" qu'il a mentionnés.

Kiev et les séparatistes pro-russes ont procédé fin décembre à des échanges massifs de prisonniers dans le cadre de pourparlers de paix à Minsk, qui n'ont cependant pas permis de régler les différends de fond.

La France est confrontée à un choix difficile: soit elle livre les deux navires Mistral et devra faire face à la colère de ses alliés au sein de l'Otan, soit elle garde ses deux navires équipés pour la marine russe et en paie le prix, auquel s'ajouteront peut-être de lourdes pénalités.

Paris et ses alliés de l'Otan accusent la Russie de soutenir les séparatistes pro-russes en Ukraine, ce que dément Moscou.

Premier d'une série de deux Mistrals, le Vladivostok devait initialement être remis à Moscou à la mi-novembre, dans le cadre d'un contrat de 1,2 milliard d'euros entre la Russie et le constructeur naval français DCNS conclu en juin 2011 sous l'ancien président français Nicolas Sarkozy.

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