Turquie : une purge à tous les étages

08/11/16 à 09:00 - Mise à jour à 09:04

Source: Le Vif/l'express

Prolongé a minima pour trois mois, l'état d'urgence, promulgué au lendemain du putsch avorté du 15 juillet, offre au président Erdogan l'occasion d'étouffer toute forme d'opposition.

Il cite Rousseau, invoque Zola, mais son sobre récit, recueilli dans l'arrière-salle d'une épicerie de la banlieue sud-ouest d'Istanbul, ressuscite Kafka, Orwell et le Jarry d'Ubu roi. Professeur de turc dans un collège, Firat - désignons-le ainsi - vient d'être banni de l'enseignement : son nom figure, avec des milliers d'autres, sur la liste noire du décret n° 672 en date du 1er septembre ; lequel évince de la fonction publique quiconque suspecté d' " appartenance à une organisation terroriste ". En clair, celles et ceux soupçonnés d'accointances avec l'ex-prédicateur Fetullah Gülen, 75 ans, inspirateur présumé de la vaine tentative de coup d'Etat militaire déclenchée six semaines plus tôt. Aux aguets, ce quadra au visage anguleux baisse la voix dès qu'un client franchit le seuil de la boutique. Aurait-il une vague idée de ce qui lui vaut un tel sceau d'infamie ? " Je ne peux que supposer ", soupire le réprouvé. Peut-être ce compte, détenu autrefois à la banque Asya, bastion de la confrérie güléniste. Ou cette brève adhésion, voilà trois ans, à un syndicat réputé acquis à l'imam dissident, exilé depuis 1999 dans un ranch de Pennsylvanie (Etats-Unis). Quant à ses origines kurdes, nul doute qu'elles ont " aggravé son cas ".
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