Turquie: plusieurs morts dans une explosion sur un site touristique à Istanbul

12/01/16 à 09:54 - Mise à jour à 12:53

Source: Afp

L'explosion qui a tué au moins 10 personnes et blessé 15 autres mardi dans le coeur historique d'Istanbul serait due à "un attentat-suicide commis par une personne d'origine syrienne", a déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Turquie: plusieurs morts dans une explosion sur un site touristique à Istanbul

© REUTERS

Cette explosion intervient alors que la Turquie est en état d'alerte maximum depuis l'attentat le plus meurtrier survenu sur son sol, qui a fait 103 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara. Cette attaque avait été attribuée par le gouvernement islamo-conservateur au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Acte terroriste ?

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a convoqué une réunion de crise à Ankara.

La déflagration, très puissante, s'est produite à 10h18 locales sur l'ancien hippodrome qui borde la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, les deux monuments les plus visités de la plus grande ville du pays. Les premières photos prises sur place montrent plusieurs corps démembrés couchés sur le sol pavé de cette grande esplanade. Les secours et la police sont immédiatement arrivés en nombre sur les lieux et ont bouclé le périmètre, a constaté une journaliste de l'AFP.

Dans une déclaration citée par les médias turcs, le gouverneur d'Istanbul a annoncé que le premier bilan s'élevait à au moins 10 morts et 15 personnes blessées, dont l'état n'a pas été précisé. "L'enquête est en cours pour déterminer la cause de l'explosion, son type et son ou ses auteurs", a-t-il ajouté. Un responsable gouvernemental turc a toutefois rapidement confirmé les récits de nombreux témoins sur place qui évoquaient la piste d'un attentat suicide. "Nous soupçonnons une origine terroriste", a-t-il déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

"C'est un kamikaze d'origine syrienne qui a perpétré cet acte terroriste", a affirmé le président Erdogan lors d'un discours public à Ankara.

"Le sol a tremblé"

"J'ai entendu une très forte explosion, et puis de nombreux cris. Et puis j'ai vu une boule de feu et je me suis enfui", a raconté à l'AFP un témoin sur place.

"J'ai vu au moins dix personnes blessées, l'un d'entre eux était aidé par des touristes. Je suis sûr à 100% qu'il ne s'agissait pas d'une bombe mais d'un attentat suicide", a raconté ce Turc qui n'a pas voulu préciser son nom.

"L'explosion a été si forte que le sol a tremblé", a confirmé une touriste, Caroline. "Je me suis enfuie avec ma fille. Nous nous sommes réfugiées dans un bâtiment proche", a-t-elle poursuivi, "c'est vraiment effrayant".

La détonation a été entendue et ressentie jusqu'à la place Taksim, à plusieurs kilomètres de distance de Sultanahmet, a confirmé à l'AFP un témoin qui se trouvait sur place.

Turquie en état d'alerte

La Turquie vit en état d'alerte depuis le double attentat suicide qui a fait 103 morts le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara. Cette attaque, la plus meurtrière jamais survenue sur le sol turc, a été attribuée par les autorités au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

En janvier 2015, une kamikaze s'était fait exploser devant un poste de police sur le même site de Sultanahmet, blessant deux policiers. L'attaque avait été attribuée à une organisation d'extrême-gauche, le Parti/Front révolutionnaire de libération du peuple (DHKP-C), qui a commis plusieurs attentats ces dernières années.

Le 23 décembre, l'aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive asiatique de la plus grande ville de Turquie, a également été la cible d'une attaque au mortier qui a fait 1 mort et 1 blessé.

Une organisation armée kurde, le groupe des Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK) avait revendiqué l'opération en riposte aux "attaques fascistes qui réduisent en ruines les villes kurdes".

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, des combats meurtriers ont repris depuis l'été entre les forces de sécurité turques et les rebelles du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Ces affrontements ont fait voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

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