Turquie: après YouTube et Facebook, Erdogan menace de supprimer Twitter

20/03/14 à 22:35 - Mise à jour à 22:35

Source: Le Vif

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a menacé jeudi d'interdire Twitter après la publication sur les réseaux sociaux d'enregistrements d'écoutes téléphoniques qui le mettent directement en cause dans un scandale de corruption.

Turquie: après YouTube et Facebook, Erdogan menace de supprimer Twitter

© Reuters

"Nous allons supprimer Twitter. Je me moque de ce que pourra dire la communauté internationale. Ils verront alors la force de la Turquie", a lancé M. Erdogan devant des milliers de partisans lors d'un rassemblement électoral à dix jours du scrutin municipal du 30 mars."Cela n'a rien à voir avec les libertés. La liberté n'autorise pas l'intrusion dans la vie privée de qui que ce soit ou l'espionnage des secrets d'Etat sur la scène internationale par ces moyens" (réseaux), a-t-il poursuivi.

Depuis la mi-décembre, le Premier ministre, qui dirige sans partage la Turquie depuis 2002, est éclaboussé par un scandale de corruption qui a vu des dizaines de ses proches inculpés pour une série de malversations. Depuis trois semaines, il est même personnellement mis en cause par la diffusion sur les réseaux sociaux d'enregistrements de conversations téléphoniques piratées. Ces écoutes, qu'il a d'abord dénoncé comme des "montages" avant d'en reconnaître certaines, a provoqué la colère de l'opposition et plusieurs manifestations dans les grandes villes du pays pour exiger sa démission.

Au début du mois, le chef du gouvernement islamo-conservateur avait déjà menacé d'interdire YouTube et Facebook.

Le président Abdullah Gül avait toutefois écarté la menace brandie par M. Erdogan. "YouTube et Facebook sont des plateformes reconnues dans le monde entier. Une interdiction est hors de question", avait déclaré M. Gül.

Sa déclaration contre les réseaux sociaux intervient après le vote d'une loi qui renforce le contrôle d'internet. Ce texte a été dénoncé comme "liberticide" en Turquie comme dans plusieurs capitales étrangères, notamment à Bruxelles et à Washington. La Turquie est considérée par les ONG de défense des libertés comme un des pays les plus répressifs en matière de contrôle du Web.

Nos partenaires