Tuerie de Newtown : les promesses d'Obama à l'épreuve de la réalité politique

17/12/12 à 17:37 - Mise à jour à 17:37

Source: Le Vif

Si Barack Obama a promis d'oeuvrer à empêcher des "tragédies" comme celle de l'école primaire de Newtown, il s'est pour l'instant gardé d'entrer dans les détails d'une entreprise qui s'annonce très ardue sur le plan politique.

Tuerie de Newtown : les promesses d'Obama à l'épreuve de la réalité politique

© Reuters

Avant de décrocher un second mandat de quatre ans le 6 novembre, la président des Etats-Unis avait fait preuve d'une grande timidité sur cette question, malgré sa promesse d'oeuvrer à des mesures "de bon sens" après la tuerie d'Aurora (Colorado) l'été dernier ou celle de Tucson en Arizona début 2011.

Dimanche, A Newtown (Connecticut), après avoir égrené les noms des 20 enfants massacrés par un assaillant dans leur école avec six femmes membres de l'encadrement, il a estimé que ces tragédies devaient "prendre fin". "Et pour y mettre fin, nous devons changer", a-t-il lancé.

Il a promis, d'utiliser "tous les pouvoirs" de sa fonction pour s'entretenir avec ses concitoyens, "des forces de l'ordre aux professionnels de la psychiatrie, en passant par les parents et les enseignants", afin "d'oeuvrer à éviter d'autres tragédies comme celles-ci".

M. Obama n'est pas entré dans les détails et n'a même pas prononcé le mot "armes". Mais son discours évoquait de toute évidence le débat sur le contrôle de la circulation des armes, un dossier auquel nombre d'élus démocrates ont renoncé à s'attaquer vu les risques électoraux induits.

Le droit de s'armer, inscrit dans la Constitution, est âprement défendu par des groupes de pression, et la quasi-totalité des républicains leur emboîtent le pas. Les tribunaux ont en outre ces dernières années entériné une interprétation large du fameux "deuxième amendement".

Depuis vendredi, des responsables ont exhorté à l'action sur ce dossier, comme le maire de New York Michael Bloomberg et la représentante démocrate Carolyn McCarthy. L'influente sénatrice démocrate Dianne Feinstein a promis une proposition de loi pour réinstaurer l'interdiction des "armes d'assaut" qui avait expiré en 2004 faute d'action du Congrès.

L'assaillant de Newtown était notamment armé d'un AR-15, version semi-automatique des fusils d'assaut de l'armée américaine, tout comme le jeune homme qui a tué 12 personnes dans un cinéma d'Aurora. L'achat des chargeurs de grande capacité qu'ils avaient utilisés aurait été illégal avant 2004.

Peut-être significatif d'un timide changement de mentalité, le sénateur démocrate de Virginie-Occidentale Joe Manchin, pourtant défenseur acharné du deuxième amendement, a appelé lundi sur la chaîne MSNBC à un débat "sensé et raisonnable" sur le contrôle des armes.

Et même si le chiffre est encore modeste dans un pays de 310 millions d'habitants, 140.000 personnes avaient signé lundi matin une pétition sur le site internet de la Maison Blanche pour réclamer une loi sur le contrôle des armes.

De leur côté, la plupart des élus partisans d'une interprétation généreuse du deuxième amendement, tout comme le lobby des fabricants d'armes (NRA), font profil bas depuis vendredi.

Mais la Chambre des représentants qui prendra ses fonctions début 2013 sera légèrement plus républicaine que celle qui avait laissé expirer l'interdiction des armes d'assaut en 2004, augurant d'un combat législatif difficile.

Le sénateur indépendant du Connecticut Joseph Lieberman, qui quittera le Congrès le mois prochain, a appelé lundi sur CNN à "faire en sorte que toutes les émotions que nous ressentons maintenant ne disparaissent pas".

Le Vif.be, avec Belga

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