Tsipras: "les provocations turques contre la Grèce visent aussi l'UE"

15/02/18 à 15:35 - Mise à jour à 15:35

Source: Afp

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a de nouveau dénoncé jeudi "la rhétorique agressive" de la Turquie après l'incident naval récent en mer Egée, soulignant que "les provocations contre un pays membre de l'UE visent toute l'Union européenne (UE)".

Tsipras: "les provocations turques contre la Grèce visent aussi l'UE"

Alexis Tsipras © REUTERS

Appelant la Turquie à respecter "les règles de base du droit international", Alexis Tsipras a affirmé que "les provocations contre les droits souverains d'un pays membre de l'UE ciblaient aussi toute l'UE". Il a rappelé que les frontières maritimes de la Grèce "étaient aussi les frontières de l'UE".

Alexis Tsipras a visité le siège près d'Athènes de la police portuaire dont un patrouilleur a subi des dégâts après avoir été percuté dans la nuit de lundi à mardi par un patrouilleur turc en mer Egée orientale, près d'un îlot disputé par les deux pays voisins. Aucun membre de l'équipage n'a été blessé. Selon les autorités grecques, le patrouilleur turc s'est livré à des "manoeuvres dangereuses" dans les eaux grecques en violation des règles maritimes près de l'îlot inhabité d'Imia (Kardak en turc). ,"La police portuaire grecque se trouve quotidiennement en première ligne pour garantir la sécurité de nos frontières maritimes en coopérant étroitement avec Frontex (agence européenne des frontières), qui mène sa plus grande opération en (mer) Egée", a rappelé M. Tsipras.

Le bâtiment grec percuté avait été acquis avec des fonds européens pour surveiller les eaux grecques et les frontières européennes, que veulent rejoindre des milliers de réfugiés et de migrants. Le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a informé mercredi l'Otan de cet incident lors d'une réunion de l'Alliance à son siège bruxellois. Athènes a effectué mardi "une vive démarche de protestation" auprès d'Ankara l'appelant à "mettre fin à des actions qui ne concourent pas au développement des relations bilatérales et qui sapent la stabilité régionale".

Dans une conversation téléphonique mardi avec son homologue turc, Binali Yildirim, à l'initiative de ce dernier, M. Tsipras a exprimé sa "sévérité" devant de "tels faits" qui "sapent les relations greco-turques et turco-européennes". L'incident est intervenu sur fond de regain de tension entre la Turquie et ses voisins européens, après des menaces du président turc Recep Tayyip Erdogan contre l'exploitation du gaz dans les eaux chypriotes. Le 17 janvier, deux bateaux de guerre turc et grec étaient déjà entrés en collision près d'Imia, qui constitue un foyer de tension depuis que les deux pays ont frôlé en 1996 une confrontation militaire évitée grâce à une intervention des Etats-Unis.

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