Trump parle de son conseiller Bannon, de l'accord de Paris et d'Israël

22/11/16 à 21:12 - Mise à jour à 21:11

Source: Afp

Donald Trump a défendu mardi son proche conseiller, Steve Bannon, dans un entretien au New York Times. Le président élu a également évoqué l'accord climatique de Paris, ainsi que le conflit israélo-palestinien.

Trump parle de son conseiller Bannon, de l'accord de Paris et d'Israël

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Le milliardaire s'est également démarqué d'un groupuscule d'extrême droite qui a fêté sa victoire électorale samedi à Washington lors d'une conférence marquée par des saluts nazis. "Je les désavoue et je les condamne", a-t-il dit au New York Times, selon la correspondante du journal à la Maison Blanche, Julie Davis.

L'homme d'affaires rencontrait à New York des journalistes, éditorialistes et des responsables de ce quotidien de référence, certains rapportant en direct ses propos sur Twitter.

Il a été interrogé à propos de Steve Bannon, figure controversée pour ses liens avec l'extrême droite, qui a mené la fin de sa campagne et l'accompagnera comme haut conseiller à son arrivée à la Maison Blanche le 20 janvier.

Agé de 62 ans, il était jusqu'à récemment encore le patron de Breitbart, un site d'information servant de caisse de résonance à une nébuleuse d'extrême droite apparue récemment aux Etats-Unis et baptisée "alt-right". Il avait lui-même défini le site comme "une plateforme pour l'+alt-right+", dans un entretien au site Mother Jones.

"Si je pensais qu'il était raciste, ou de +l'alt-right+ (...), je ne penserais même pas à l'embaucher", a-t-il dit, selon une journaliste politique du New York Times, Maggie Haberman.

Les appels se sont multipliés dans la matinée pour que M. Trump dénonce ce groupuscule d'extrême droite, qui a dit sentir "une profonde connexion" avec le milliardaire tout en soulignant que l'homme d'affaires ne faisait pas partie de sa mouvance.

"Je ne veux pas galvaniser ce groupe, et je désavoue ce groupe", a-t-il également dit lors de la rencontre avec le New York Times, selon un autre de ses journalistes, Mike Grynbaum. "Ce n'est pas un groupe que je veux galvaniser, et s'ils sont galvanisés, je veux analyser ça et comprendre pourquoi", a dit M. Trump, toujours selon M. Grynbaum.

Trump aimerait "être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens"

Le président élu a également affirmé qu'il aimerait "être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens".

"Ce serait une superbe réussite", a ajouté M. Trump, dont la proposition de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, contrairement à la tradition américaine, avait provoqué la colère des Palestiniens.

Le milliardaire républicain a ajouté que son gendre Jared Kushner, le mari de sa fille Ivanka, pourrait jouer un rôle dans d'éventuels pourparlers de paix.

M. Kushner, homme d'affaires et investisseur, a été un proche conseiller du magnat de l'immobilier durant la campagne électorale.

Après l'élection de son beau-père, il a demandé à avoir accès aux briefings de sécurité quotidiens de la Maison Blanche, et il était présent lors de la rencontre de M. Trump avec le Premier ministre japonais Shinzo Abe le 17 novembre, son premier entretien avec un dirigeant étranger.

La droite israélienne s'était montrée particulièrement satisfaite de la victoire de Donald Trump à l'élection du 8 novembre, y voyant l'annonce d'une reprise ou d'une accélération de la colonisation des Territoires palestiniens occupés par Israël, et même la fin de l'idée d'un Etat palestinien indépendant.

L'équipe de M. Trump avait cependant appelé la droite israélienne à ne pas s'emballer, les collaborateurs du président élu demandant davantage de mesure, avait rapporté le ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

L'actuel secrétaire d'Etat américain John Kerry a multiplié durant des mois les efforts pour faire avancer les pourparlers de paix entre Israéliens et Palestiniens, mais sans succès. Les discussions directes entre les deux parties sont au point mort depuis deux ans et demi.

Trump se dit "ouvert" concernant l'accord de Paris

Enfin, Donald Trump s'est dit "ouvert" au sujet de l'accord de Paris sur le changement climatique, après avoir promis tout au long de sa campagne électorale d'en retirer les Etats-Unis.

"Je regarde ça de très près. Je reste ouvert sur cette question", a dit M. Trump. "Je pense qu'il y a un lien (entre les humains et le changement climatique), il y a quelque chose, mais tout dépend combien", a aussi reconnu M. Trump, notoirement climato-sceptique.

Le milliardaire républicain a précisé qu'il fallait voir à propos de l'accord de Paris "combien cela va coûter à nos entreprises", et quels effets il pourrait avoir sur la compétitivité américaine.

Le futur président américain a qualifié par le passé de "canular" le dérèglement climatique et menacé d'"annuler" l'accord conclu lors de la COP21 adopté à Paris fin 2015 par 195 pays.

Cet accord de Paris vise à contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport au niveau pré-industriel. Les Etats-Unis, deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre de la planète après la Chine, ont ratifié cet accord début septembre, sous l'impulsion notamment du président Barack Obama.

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