Triple revers cuisant pour l'EI en Syrie

26/03/16 à 11:38 - Mise à jour à 12:06

Source: Afp

Le groupe Etat Islamique (EI) accumule les revers en Syrie, avec la perte de la célèbre citadelle dominant Palmyre, ainsi que la localité d'al-Amariyah, à la lisière nord de cité antique, et la mort d'un de ses principaux dirigeants.

Triple revers cuisant pour l'EI en Syrie

Le site archéologique de Palmyre. © Reuters

Les forces du régime syrien se sont emparées samedi matin de la localité d'al-Amariyah, à la lisière nord de Palmyre, où elles tentent d'encercler les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) qui ont pris le contrôle de cette ville du centre de la Syrie en mai 2015.

"L'armée arabe syrienne a pris le contrôle total de la localité d'al-Amiriyah, près de Palmyre après de violents combats avec les terroristes de Daesh (acronyme arabe de l'EI)", a affirmé la télévision officielle.

Peu auparavant le journaliste de l'AFP sur place avait fait état de violents accrochages dans cette localité stratégique.

Le 15 mai 2015, l'EI s'était emparé d'al-Amariyah et y avait exécuté 23 civils, dont neuf enfants et des membres de familles de fonctionnaires, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'armée syrienne, appuyée au sol par des miliciens pro-régime, des combattants chiites du Hezbollah libanais et des unités d'élite de l'armée russe, cherche à assiéger la ville de Palmyre pour la reprendre aux djihadistes.

Selon l'agence officielle Sana, "les forces armées syriennes ont lancé à l'aube une offensive dans les vergers au sud de Palmyre, tout en avançant dans la ville tandis que des combats se déroulaient dans l'aéroport à l'est de la ville".

Attentats

Mais si l'organisation jihadiste recule militairement, elle n'a pas interrompu ses attentats sanglants, en revendiquant plusieurs qui ont tué vendredi des dizaines de personnes au Yémen et en Irak.

Au Yémen en guerre, trois attentats-suicides à la voiture piégée ont fait au moins 22 morts à Aden (sud). Et en Irak, au moins 30 personnes ont péri lorsqu'un kamikaze a déclenché sa bombe après un match de football dans un village au sud de Bagdad.

Comme en Syrie, les jihadistes sont sous pression en Irak, où a été lancée une offensive militaire pour la reprise de la province de Ninive (nord) et sa capitale Mossoul, fief de l'EI. Les forces irakiennes ont ainsi pu sécuriser vendredi quatre villages au sud de Mossoul, repris la veille aux jihadistes.

En Syrie, les forces prorégime, soutenues par l'aviation russe, ont reconquis vendredi l'aéroport et la moitié de la ville de Palmyre (centre), et ont coupé la route reliant la cité à Deir Ezzor, autre fief jihadiste dans l'Est syrien, selon une source militaire. Une autre source militaire, citée par la télévision syrienne, a indiqué que l'armée contrôlait à nouveau l'ancienne citadelle de Palmyre.

La Russie a indiqué avoir procédé à 146 bombardements aériens autour de Palmyre entre mardi et jeudi.

L'EI contrôlait depuis mai 2015 cette ville et ses ruines antiques, classées au patrimoine mondial de l'Unesco.

Les forces prorégime "se trouvent à 600 mètres (...) du coeur des ruines mais avancent lentement à cause des mines", a affirmé le directeur des Musées et Antiquités de Syrie Maamoun Abdelkarim. "Palmyre sera bientôt entièrement libérée", a-t-il ajouté, assurant que l'armée avait "libéré le quartier des hôtels et restaurants ainsi que la Vallée des tombeaux", célèbre pour ses tours funéraires, dans le sud-ouest de la ville.

'Nettoyage culturel'

Selon une source militaire, des combats de rues ont également eu lieu dans deux quartiers du nord-ouest de Palmyre.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 24 jihadistes ont péri vendredi dans des frappes aériennes et les affrontements, alors que 18 membres des forces prorégime ont été tués par des mines et dans les combats.

M. Abdelkarim dit avoir demandé aux autorités syriennes "de préserver la cité (antique) des destructions", où l'EI a déjà réduit en poussière plusieurs trésors archéologiques, comme l'Arc de triomphe et les temples de Bêl et de Baalshamin, symboles de cette cité de plus de 2.000 ans.

La directrice générale de l'Unesco, Irina Bokova, a salué l'offensive de l'armée syrienne. "Depuis un an, le saccage de Palmyre est le symbole du nettoyage culturel qui sévit au Moyen-Orient", a-t-elle dit, qualifiant la cité de "ville martyre".

Autre coup dur pour les jihadistes, à Washington, le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a annoncé "l'élimination" dans une opération américaine en Syrie d'Abdel Rahmane al-Qadouli, présenté par Washington comme le N.2 de l'EI.

Sa mort va donner "un coup de frein aux capacités de l'EI à conduire des opérations en Irak, en Syrie et à l'étranger", car il "était l'un des principaux responsables de l'EI, agissant comme son ministre des Finances et responsable de plusieurs complots extérieurs", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis avaient offert jusqu'à 7 millions de dollars pour des informations conduisant à cet homme, la plus haute récompense après celle offerte pour la tête du chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi (10 millions).

A Raqa, bastion jihadiste du Nord syrien, l'imam de l'EI cheikh Abou Ali al-Charii a fait l'éloge des récents attentats de Bruxelles, revendiqués par son organisation, qui ont fait au moins 31 morts et 300 blessés. Dans son prêche de vendredi, il a prévenu "qu'il y aurait d'autres (attentats) contre les mécréants en Occident".

Ailleurs en Syrie, des centaines de personnes ont manifesté contre le régime dans plusieurs localités rebelles, à la faveur d'une trêve initiée par les Russes et les Américains, globalement respectée depuis son entrée en vigueur le 27 février, selon l'OSDH.

Cette trêve a permis la tenue d'un premier round de pourparlers indirects à Genève entre le régime et l'opposition sous l'égide de l'ONU, qui a pris fin jeudi.

L'ONU espère reprendre les discussions autour du 9-10 avril.

"Il est temps d'arrêter les violences" en Syrie, où la guerre a fait plus de 270.000 morts en cinq ans et chassé plus de la moitié de sa population de ses foyers, a lancé vendredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, en visite au Liban voisin ployant sous le nombre de réfugiés (plus de 1,1 million).

En savoir plus sur:

Nos partenaires