Trafic de cadavres et chasseurs de peaux

20/09/15 à 14:04 - Mise à jour à 14:12

Source: Le Vif/l'express

En 2002, le plus grand quotidien polonais, Gazeta Wyborcza, révèle les dessous du macabre trafic qui se joue dans la ville de Lódz : les équipes médicales de l'hôpital et les pompes funèbres y marchandent les dépouilles des défunts. Un "nécro-business" qui va même plus loin, puisque des praticiens sont soupçonnés de hâter le trépas de certains patients.

L'homme avait hésité à témoigner. Cogité pendant plusieurs mois. Pris mille précautions pour organiser la rencontre - "Dans un café ?" "Non, quelqu'un que je connais pourrait rentrer... Et puis dans les locaux de votre rédaction, on pourrait me voir et faire le lien..." Alors le rendez-vous avait eu lieu un soir, chez lui, dans son petit appartement modestement meublé. Face aux journalistes du quotidien Gazeta Wyborcza, qui enquêtent alors sur les accointances entre le personnel des urgences et les entreprises de pompes funèbres de Lódz, ce médecin l'avait avoué sans broncher : "J'ai peur." Malgré tout, il fallait raconter, expliquer, parce que "tout cela est allé trop loin." Tout cela ? "Vous savez sans doute ce qu'est une peau", lance le praticien, faisant référence au terme utilisé dans le jargon hospitalier pour désigner les dépouilles des défunts. Oui, ils savent. "Mais savez-vous qu'on peut "fabriquer" une peau ?"
...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Inscrivez-vous afin de pouvoir lire 4 articles gratuits par mois.

Nos partenaires