Toulouse : le frère de Merah ne veut pas "être un bouc émissaire"

26/03/12 à 07:48 - Mise à jour à 07:48

Source: Le Vif

Abdelkader Merah a été mis en examen pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d'acte de terrorisme. Selon son avocate, il "condamne" les actes de son frère, responsable des tueries de Toulouse et de Montauban.

Toulouse : le frère de Merah ne veut pas "être un bouc émissaire"

© Reuters

Le frère aîné de Mohamed Merah, le "tueur au scooter" de Toulouse, a été mis en examen ce dimanche soir pour complicité d'assassinats et association de malfaiteurs en vue de la préparation d'acte de terrorisme. Abdelkader Merah, mis en examen également pour vol en réunion d'un scooter, a été écroué. Quatre juges anti-terroristes ont été co-saisis du dossier, a-t-on appris de même source.

Il avait été transféré tôt dimanche matin au palais de justice de Paris. Puis, vers 15h, il a été présenté au juge d'instruction pour une audition qui était terminée à 16h30. Un juge des libertés et de la détention (JLD) a ensuite décidé de l'écrouer, a-t-on appris de source proche de l'enquête.

Au cours de son audition, le frère aîné du tueur a nié l'avoir aidé mais s'est dit "fier" des actes de son cadet, selon des sources proches de l'enquête. Son avocate a démenti dimanche soir, assurant qu'il "condamne" les actes de son frère, et ne veut pas être un "bouc-émissaire"

Dans ses échanges avec les policiers du Raid qui tentaient d'obtenir sa reddition, Mohamed Merah s'était efforcé de mettre hors de cause son frère en qui il "n'a pas arrêté de répéter qu'il n'avait pas confiance", selon le Journal du Dimanche . Réfutant l'influence de son aîné sur sa foi, il s'était présenté comme un "autodidacte de l'Islam" qui a lu le Coran "seul en prison", selon les enquêteurs cités par l'hebdomadaire. D'après un compagnon de cellule de Mohamed Merah, également cité par le JDD sous couvert d'anonymat, c'est au contraire "lui qui a conditionné Mohamed". "Quand son frère venait au parloir, (Mohamed) baissait la tête et l'écoutait (...) c'est lui qui a pris le commandement de la famille", juge-t-il.

Mohamed Merah s'était marié religieusement le 15 décembre avec une jeune femme de l'agglomération toulousaine et avait engagé une procédure de divorce entérinée la veille de l'assaut lancé par le Raid, a-t-on appris dimanche auprès de l'intéressée et d'un imam.
"Nous nous sommes mariés le 15 décembre et le divorce a été officiel le mardi 20 mars, deux jours avant sa mort", a dit la jeune femme à l'AFP lors d'un bref entretien téléphonique. Elle n'a pas révélé quelle était la raison du divorce.

La compagne d'Abdelkader Merah libérée

La compagne d'Abdelkader Merah, avec laquelle il est marié religieusement mais pas civilement, a été libérée au terme de quatre jours de garde à vue. Aucune charge n'a été retenue contre elle.

La double vie de son ex-compagnon est une "bombe qui lui explose aux yeux", avait déclaré dimanche un peu plus tôt à l'AFP son avocat toulousain, Me Guy Debuisson, en ajoutant que sa cliente était "effondrée". A 20 Minutes, il explique que Yasmina Merah "vit tout à fait normalement et n'avait pas connaissance d'une vie parallèle de son mari. Quand elle lui posait des questions, son mari lui disait que cela ne la regardait pas. Il y a pourtant de l'amour entre les deux, mais pas véritablement de complicité".

Mohamed Merah avait bien préparé la diffusion des films de ses meurtres sur internet

Les policiers ont pu établir que Mohamed Merah avait bien préparé la diffusion sur internet des vidéos de ses meurtres qu'il prévoyait d'accompagner d'une revendication. Selon les premiers éléments de l'enquête qui se poursuit pour déterminer le cheminement du tueur, les préparatifs de Mohamed Merah pour diffuser ces vidéos n'ont pas abouti mais il reste à le vérifier.

Des marches silencieuses à la mémoire des victimes des tueries

A Paris, mais aussi à Toulouse, Lyon, Strasbourg, des milliers de personnes ont défilé pour protester "contre le racisme, l'antisémitisme et le terrorisme". Dans la capitale, des personnalités étaient venues se mêler au cortège: l'actrice britannique Jane Birkin ou le chanteur Yannick Noah, ainsi que des élus, parmi lesquels le le numéro deux du Parti socialiste Harlem Désir.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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