Terrorisme nucléaire: Obama met en garde contre les "fous" de l'EI

01/04/16 à 20:21 - Mise à jour à 20:21

Source: Afp

Le président américain Barack Obama a mis en garde vendredi la communauté internationale contre la menace d'une attaque nucléaire par des jihadistes "fous" du groupe Etat islamique (EI), malgré les efforts mondiaux pour renforcer la sûreté atomique.

Terrorisme nucléaire: Obama met en garde contre les "fous" de l'EI

Obama, chef d'orchestre du quatrième sommet sur la "sûreté nucléaire" © Reuters

Barack Obama, qui quittera le pouvoir en janvier, est le chef d'orchestre du quatrième sommet sur la "sûreté nucléaire" qu'il a crée en 2010 afin d'encourager les Etats à coopérer et empêcher des "terroristes" de s'emparer de matériaux nucléaires ou d'attaquer des infrastructures nucléaires.

Le président a réuni jeudi et vendredi une cinquantaine de dirigeants de la planète dans le contexte dramatique des attentats jihadistes à Bruxelles (32 morts et 340 blessés) revendiqués par l'EI et d'informations sur un hypothétique projet d'"attentat nucléaire".

"Il n'y a pas de doute que si ces fous avaient l'occasion de mettre la main sur une bombe nucléaire ou sur des matériaux radioactifs, ils les utiliseraient pour tuer autant d'innocents que possible", a averti Barack Obama en ouvrant la session plénière de son sommet à Washington. "Nous avons sensiblement réduit le risque. Mais (...) la menace du terrorisme nucléaire persiste et continue d'évoluer", a insisté le président devant ses invités et la presse internationale.

Il s'est toutefois félicité qu'"heureusement, grâce à nos efforts coordonnés, aucun groupe terroriste n'ait réussi jusqu'à présent à acquérir une arme nucléaire ou une bombe sale faite de matériaux radioactifs".

Mais, a souligné le président des Etats-Unis, le groupe islamiste "Al-Qaïda a longtemps cherché (à s'emparer) de matériaux nucléaires" et "des individus impliqués dans les attentats de Paris et de Bruxelles avaient filmé par vidéo un responsable officiel d'une infrastructure nucléaire". Il faisait référence à des informations de la presse belge et internationale la semaine dernière après les attentats de Bruxelles du 22 mars selon lesquelles la cellule islamiste avait prévu de fabriquer une "bombe sale" radioactive, à la suite d'une surveillance par vidéo d'un "expert nucléaire" belge mise sur pied par deux des kamikazes, les frères Bakraoui.

En fin de journée à Washington, les dirigeants mondiaux se réuniront pour parler de la lutte contre l'EI, qu'il s'agisse de "terrorisme nucléaire" ou de menaces plus classiques d'attentats urbains. La Maison Blanche veut notamment orienter les discussions sur les échanges de renseignement entre les Etats, a expliqué Ben Rhodes, l'un des principaux conseillers de Barack Obama.

"Mais nous pensons aussi qu'il est extrêmement important que nous travaillions à mettre au jour les projets d'attaques" en dehors d'Irak et de Syrie, en Europe notamment, a-t-il expliqué.

Sécurité commune

Barack Obama a aussi réuni les grandes puissances du groupe 5+1 et l'Union européenne qui ont négocié pendant des années l'accord sur le nucléaire iranien en vigueur depuis janvier.

"Quand la communauté internationale est unie, nous pouvons progresser dans notre sécurité commune", s'est félicité le président américain assis aux côtés de son homologue français François Hollande.

"L'Iran a déjà commencé à tirer les bénéfices de cet accord" historique, a jugé M. Obama, en allusion à la levée des sanctions contre Téhéran. Washington continue toutefois de punir économiquement la République islamique chiite pour son "soutien à des organisations terroristes" et son programme de missiles balistiques.

Si la menace nucléaire iranienne s'est éloignée, celle d'une bombe nord-coréenne est de plus en plus pressante. "Avec l'Iran on a trouvé un chemin pour progresser pas à pas. Avec la Corée du Nord on est dans une phase différente, moins mature", a expliqué le président de la Confédération suisse, Johann Schneider-Ammann, devant la presse.

Sommet 'absurde'

Jeudi, le président Obama avait réuni ses alliés, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye et le Premier ministre japonais Shinzo Abe, et promis de "se défendre" contre la menace atomique de Pyongyang, en mettant en oeuvre les nouvelles sanctions de l'ONU.

M. Obama a aussi trouvé un terrain d'entente sur ce dossier brûlant avec le président chinois Xi Jinping, dont le pays est l'allié du régime communiste. Pékin a voté les sanctions de l'ONU le 2 mars, mais les Etats-Unis veulent que la Chine fasse monter la pression.

Les médias d'Etat nord-coréens ont qualifié le sommet de Washington d'effort "absurde" pour empêcher Pyongyang d'avoir "un accès légitime aux armes nucléaires". Et, en signe de défi, la Corée du Nord a tiré vendredi un nouveau missile de courte portée.

Le sommet s'achèvera par une conférence de presse du président Obama, qui avait exposé en 2009 dans un discours historique à Prague sa vision d'un "monde sans armes nucléaires".

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