Syrie : Reynders salue la proposition russe

10/09/13 à 14:50 - Mise à jour à 14:50

Source: Le Vif

Le ministre belge des Affaires étrangères, Didier Reynders, a salué mardi l'initiative annoncée par la Russie de mettre sous contrôle international les armes chimiques syriennes mais a réclamé que cette proposition soit suivie de mesures "juridiques" et "opérationnelles" visant à neutraliser l'arsenal chimique du régime du président Bachar al-Assad.

Syrie : Reynders salue la proposition russe

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"Je me réjouis de cette proposition" formulée par la Russie et actuellement étudiée par les Etats-Unis, a-t-il affirmé à l'agence Belga. Il a rappelé que cette idée avait déjà été évoquée le week-end dernier lors d'une réunion informelle des ministres européens des Affaires étrangères à Vilnius, à laquelle s'était joint leur homologue américain, John Kerry.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a appelé lundi la Syrie à placer sous contrôle international son arsenal chimique pour ensuite le détruire, alors que M. Kerry avait affirmé à Londres que cela pourrait empêcher des frappes sur le régime syrien.

Mais M. Reynders a insisté pour que cette proposition soit suivie d'effets, notamment au Conseil de sécurité de l'ONU, qui doit toujours examiner le rapport des enquêteurs de l'ONU sur l'attaque chimique menée le 21 août dans la banlieue de Damas.

Il a réclamé que cette proposition soit suivie de mesures "juridiques" et "opérationnelles" visant à neutraliser l'arsenal chimique du régime du président Assad.

Une résolution du Conseil de sécurité pourrait en effet, selon M. Reynders, "contourner" le fait que la Syrie n'a pas signé - comme six autres pays - la Convention d'interdiction des armes chimiques (CIAC) et "imposer l'interdiction, voire la destruction" de l'arsenal chimique syrien.

"Je ne suis pas naïf, j'attends la suite" de la part de la Russie, a ajouté le ministre, alors que s'ouvrira dans deux semaines la 68ème session de l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

Affirmant ensuite dans un communiqué avoir pris note "avec intérêt" de la proposition formulée par Moscou visant à la neutralisation de l'arsenal chimique syrien "par des voies diplomatiques", il a rappelé son appel adressé mercredi dernier à la Syrie pour qu'elle devienne partie à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC, en anglais OPCW).

"Les conséquences d'une telle adhésion sont claires: le pays doit renoncer à tout usage, détention et fabrication d'armes chimiques. Le ministre rappelle que la Belgique avait toujours considéré que la solution de ce conflit ne pouvait provenir que d'une coopération étroite entre tous les membres du Conseil de sécurité", souligne le chef de la diplomatie.

Il dit appuyer "sans réserve" la position du secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, qui vise à saisir rapidement le Conseil de sécurité afin qu'il adopte un plan contraignant imposant à la Syrie de signer et ratifier l'OPCW et permettant d'assurer de manière rapide et vérifiable la destruction de l'ensemble de l'arsenal chimique syrien ainsi que des vecteurs destinés spécifiquement à l'utilisation d'armes chimiques.

"Un tel accord serait la meilleure garantie que la population n'aurait plus à souffrir l'horreur d'une attaque chimique, elle ne pourrait en aucun cas exonérer de leur responsabilité les responsables des attaques ayant déjà eu lieu. Une enquête internationale devra déterminer les responsabilités et les coupables de ces crimes de guerre devront en répondre devant des juridictions internationales", a ajouté M. Reynders.

Selon lui, "cette perspective n'aurait pas été possible sans la très forte pression - notamment militaire - exercée par plusieurs pays, au premier rang desquels les Etats-Unis et la France". "Maintenant que la communauté internationale semble pouvoir se mettre d'accord autour d'un objectif politique crédible, il ne faut pas que cette pression retombe. La Belgique apporte son plein soutien aux efforts de ses alliés pour qu'ils maintiennent une pression crédible au service d'une solution diplomatique et humanitaire", a conclu le ministre.

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