Syrie : "resserrer l'étau" avant la bataille décisive pour Alep

05/08/12 à 14:12 - Mise à jour à 14:12

Source: Le Vif

L'armée continue de pilonner Alep, le principal bastion rebelle. Mais selon le journal officiel Al-Watan, la véritable bataille d'Alep n'a pas encore commencé : "La mission actuelle (de l'armée) consiste à donner des coups durs aux terroristes" afin de les empêcher de fuir.

Syrie : "resserrer l'étau" avant la bataille décisive pour Alep

© AFP

L'armée pilonnait ce dimanche le principal bastion rebelle d'Alep et livrait combat aux insurgés dans d'autres quartiers de la ville, avant de lancer la bataille décisive pour reprendre le contrôle de cette métropole du nord de la Syrie, enjeu crucial du conflit.

L'artillerie a repris le matin le bombardement du quartier Salaheddine assiégé par l'armée et cible la veille du plus violent pilonnage depuis l'ouverture du front d'Alep le 20 juillet, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)

D'autres combats se déroulaient dans d'autres quartiers de la ville, poumon économique de la Syrie située à 355 km au nord de Damas, a précisé cette ONG qui tire ses informations d'un réseau de militants et des témoins.

"Donner des coups durs aux terroristes"

Après l'envoi de milliers de soldats en renfort, l'armée a lancé le 28 juillet son offensive contre Alep, où les rebelles avaient pris position huit jours plus tôt notamment à Salaheddine, en partie vidé de ses centaines de milliers d'habitants.

Mais selon le journal officiel Al-Watan, la véritable bataille d'Alep n'a pas encore commencé. "La mission actuelle (de l'armée) consiste à donner des coups durs aux terroristes, à resserrer l'étau et à renforcer le contrôle des entrées de la ville afin de les empêcher de fuir".

Le journal a ajouté qu'"entre 6000 et 8000 terroristes" se trouvent à Alep et des "centaines d'entre eux ont été tués ou blessés", et fait état d'une "participation des habitants issus des tribus loyales (au régime) au combat aux côtés de l'armée qui est susceptible de modifier la donne sur le terrain".

Situation figée

La veille déjà, un responsable de la sécurité a affirmé que la véritable bataille d'Alep n'avait pas encore commencé et que les bombardements de l'armée n'étaient que des préparatifs. Selon lui, au moins 20 000 soldats ont été déployés en renfort dans et autour d'Alep et d'autres continuent d'arriver. Les rebelles disent tenir la moitié de la ville et affirment que malgré les bombardements les soldats ne parviennent pas à avancer dans les quartiers.

Selon des journalistes sur place, la situation semble figée. Les combattants de l'Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) et soldats loyalistes se battent certes violemment à Salaheddine mais chacun attend encore la grande offensive promise par le régime. Pour soulager Alep, des rebelles attaquent quasiment chaque nuit l'aéroport militaire de Mannagh, où sont basés des hélicoptères. Les avions de l'armée de l'air, eux, viennent d'Idleb, plus à l'ouest ou d'autres régions, et rien ne semble pour l'instant pouvoir les arrêter.

Dans un communiqué, le Conseil national syrien (CNS), la plus importante coalition de l'opposition, a accusé l'armée de bombarder les sièges d'institutions publiques, qui font partie du patrimoine architectural d'Alep.

Levif.be, avec L'Express.fr

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