Syrie: plus de 51.000 déplacés depuis le début de l'offensive d'Alep

11/02/16 à 14:13 - Mise à jour à 14:13

Source: Afp

Plus de 51.000 civils ont été déplacés depuis le début de l'offensive lancée le 1er février par le régime syrien avec le soutien de l'aviation russe contre les rebelles dans la province d'Alep, a rapporté jeudi l'ONU.

Syrie: plus de 51.000 déplacés depuis le début de l'offensive d'Alep

Alep en Syrie © REUTERS

"Depuis le lancement, la semaine passée, de l'offensive des forces gouvernementales dans le gouvernorat d'Alep, qui aurait été accompagnée de nombreuses frappes aériennes par des avions russes et syriens, plus de 51.000 civils ont été déplacés et 300.000 autres risquent de se retrouver en état de siège", a déclaré le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, dans un communiqué.

Depuis dix jours, les forces pro-régime, appuyées par des bombardements aériens russes, ont lancé une offensive majeure contre les rebelles dans la province d'Alep. Celle-ci a été lancée au moment même où l'ONU tentait de démarrer à Genève des discussions de paix intersyriennes.

D'après M. Zeid, des dizaines de civils auraient été tués depuis le 1er février. De son côté, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a parlé de 500 morts, dont une centaine de civils. Le Haut-Commissaire s'est dit "extrêmement alarmé" par la détérioration rapide de la situation à Alep, mais aussi dans d'autres partie de la Syrie, où "des violations et des abus choquants sont commis chaque jour".

"Les femmes, les enfants, les personnes âgées, les blessés, les malades, les personnes handicapées sont utilisés comme monnaie d'échange et chair à canon, jour après jour, semaine après semaine, mois après mois. Cette situation est grotesque", a-t-il poursuivi, dénonçant particulièrement la situation de siège imposé, à des centaines de milliers de personnes, par les parties en conflit.

Ainsi, selon le Haut-Commissaire, à Madaya, au moins 26 personnes sont mortes de malnutrition depuis janvier, et ce en dépit de l'arrivée de convois humanitaires les 11 et 14 janvier. "Au moins 300 personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants, ont besoin d'être évacuées immédiatement", selon l'ONU.

A Mouadamiyat al-Cham, près de Damas, depuis que les forces gouvernementales ont imposé un siège complet en décembre, quelque 35.000 civils endurent d'intenses bombardements et attaques aériennes ainsi qu'une dégradation dramatique de leurs conditions de vie, selon le Haut-Commissaire. Bien que de la nourriture ait été livrée à la partie orientale pro-gouvernementale de la ville, au moins six civils, dont cinq enfants, sont morts directement de malnutrition en janvier, et plus de 25 enfants de moins de deux ans souffriraient de malnutrition et de problèmes de santé.

Par ailleurs, environ 200.000 autres personnes vivent dans une situation de siège imposée par le groupe Etat islamique (EI) à Deir Ezzor. Selon M. Zeid, des rapports indiquent que plusieurs personnes accusées d'avoir introduit de la nourriture en contrebande dans la ville ont été exécutées par des combattants du groupe djihadiste.

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