Syrie: manifestations sans précédent à Alep, 8 tués

18/05/12 à 19:01 - Mise à jour à 19:01

Source: Le Vif

Les troupes syriennes ont tiré vendredi sur des manifestants descendus par dizaines de milliers dans la rue pour réclamer la chute du régime de Bachar al-Assad, notamment dans la deuxième ville Alep, secouée par des rassemblements sans précédent. Les violences ont fait au moins huit morts, dont trois enfants, dans le pays.

Syrie: manifestations sans précédent à Alep, 8 tués

© Image Globe

Alep, restée à l'écart aux premiers mois de la révolte, était le théâtre vendredi des "plus importantes manifestations" depuis le début du soulèvement en mars 2011, selon des militants. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a parlé de manifestations "massives" dans cette ville où les habitants de quartiers jusqu'ici pas touchés par la contestation sont descendus dans les rues, un fait "sans précédent", selon cette ONG.

"Alep connaît un véritable soulèvement. Les forces de sécurité ont tiré sur la plupart des manifestations", a commenté un militant. A l'appui de ses dires, une vidéo montre une multitude de jeunes courant dans une rue, poursuivis par des tirs nourris. Malgré la poursuite des violences, qui ont fait au huit morts dont trois enfants, et le quadrillage des villes, plusieurs "dizaines de milliers" de personnes sont descendues dans tout le pays, soit les rassemblements les plus grands depuis l'annonce du cessez-le-feu le 12 avril, selon l'OSDH.

Parallèlement à la répression des manifestations, les troupes gouvernementales continuaient de bombarder violemment les poches rebelles comme la ville de Rastane et des quartiers de Homs.

Sur le front diplomatique, l'émissaire international Kofi Annan se rendra "bientôt" en Syrie, où la trêve instaurée il y a plus d'un mois en vertu de son plan de paix est violée quotidiennement. Le chef de la mission de l'ONU mandatée pour surveiller la trêve, le général Robert Mood, a d'ailleurs reconnu que les observateurs sur le terrain ne pourraient obtenir, seuls, un arrêt des violences sans un réel engagement pour la paix de toutes les parties.

"Les observateurs, quel que soit leur nombre, ne peuvent parvenir à une baisse progressive et une fin permanente des violences s'il n'existe pas un réel engagement de tous les éléments internes et externes à donner une chance au dialogue", a reconnu le général Mood à Damas. Cette mission est d'autant plus délicate que des attentats meurtriers à Damas et Alep revendiqués par des groupuscules obscurs s'ajoutent aux violences quotidiennes. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a imputé jeudi à Al-Qaïda la responsabilité de récents attentats comme ceux qui ont fait 55 morts dans la capitale le 10 mai.

Dans ce contexte, la Tunisie a reconnu que certaines de ses mosquées tenues par des islamistes radicaux appelaient les jeunes à "aller au jihad" contre le régime de M. Assad. Cependant, fort du soutien russe, le clan Assad s'accroche plus que jamais au pouvoir, et le règlement de la crise semble de plus en plus éloigné avec les divisions apparues récemment au sein de l'opposition, déjà fragmentée.

Dans une récente interview à une chaîne de télévision russe, le président Assad a qualifié les rebelles de "terroristes" et appelé son nouvel homologue français François Hollande à "penser aux intérêts de la France" et à changer de politique à l'égard de Damas, des propos balayés vendredi par Paris. "Ce n'est pas avec de telles déclarations que Bachar Al-Assad fera oublier que ses forces de sécurité continuent de massacrer son peuple", a répliqué le ministère des Affaires étrangères.

LeVif.be, avec Belga.

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