Syrie: le cessez-le-feu, une "opportunité historique" pour mettre fin au conflit

29/12/16 à 18:42 - Mise à jour à 19:51

Source: Belga

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié jeudi l'accord de cessez-le-feu global en Syrie d'"opportunité historique" pour mettre fin au conflit qui ravage ce pays depuis près de six ans.

Syrie: le cessez-le-feu, une "opportunité historique" pour mettre fin au conflit

Des civils fuient un quartier d'Alep pour échapper aux bombardements du régime, le 29 novembre. © JAWAD AL RIFAI/ANADOLU AGENCY/GETTY IMAGES

"Il faut à tout prix ne pas rater cette opportunité (...) C'est une opportunité historique", a déclaré le président turc lors d'une conférence de presse à Ankara retransmise à la télévision.

"Il ne faut pas gâcher" cette opportunité, a insisté le chef de l'Etat turc, au sujet de l'accord négocié par la Turquie et la Russie qui doit entrer en vigueur jeudi à minuit (22H00 GMT).

Le président turc a rappelé que les "organisations terroristes" étaient exclues du cessez-le-feu, ajoutant que l'offensive de la Turquie contre le groupe Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie se poursuivrait "avec la même détermination".

Après plusieurs rencontres en Turquie, soutien de la rébellion, entre émissaires russes et représentants rebelles, le président russe Vladimir Poutine a annoncé l'entrée en vigueur d'une trêve en Syrie jeudi à minuit (22H00 GMT).

Cet accord est intervenu à la suite de plusieurs semaines d'une intense activité diplomatique entre la Turquie et la Russie, dont la coopération sur le dossier syrien s'est renforcée.

Recep Tayyip Erdogan et Vladimir Poutine se sont entretenu jeudi de cet accord et des préparatifs en vue d'un sommet réunissant l'opposition et le régime à Astana, au Kazakhstan, a indiqué l'agence de presse progouvernementale Anadolu.

"En tant que pays garants (de l'accord), la Turquie et la Russie vont surveiller le processus", a déclaré M. Erdogan jeudi soir.

"Et les autres pays qui ont une influence sur les groupes sur le terrain montreront la sensibilité nécessaire pour que le cessez-le-feu tienne", a-t-il ajouté, sans préciser de quels Etats et il parlait.

Le cessez-le-feu qui doit entrer en vigueur jeudi à minuit en Syrie est une "véritable opportunité" pour arriver à une solution politique au conflit qui ravage le pays depuis 2011, a estimé le chef de la diplomatie syrienne Walid Mouallem, de son côté.

"Il y a une véritable opportunité pour trouver une solution politique à la crise en Syrie qui mette fin à l'effusion de sang" a estimé jeudi M. Mouallem dans un entretien à la télévision publique syrienne.

Washington salue une "évolution positive"

Les Etats-Unis ont prudemment salué jeudi l'annonce par le président russe Vladimir Poutine d'un cessez-le-feu en Syrie, aux négociations duquel Washington n'a pas pris part, en exprimant le souhait que cette trêve soit "respectée par toutes les parties" au conflit.

"Les informations relatives à un cessez-le-feu dans la guerre civile en Syrie représentent une évolution positive (...). Tout effort pour arrêter la violence, épargner des vies et créer les conditions pour une reprise de négociations politiques constructives est le bienvenu", a réagi le porte-parole de la diplomatie américaine Mark Toner. Le département d'Etat, qui changera de patron dans moins d'un mois avec le départ de John Kerry -- ce dernier s'étant investi en vain durant quatre ans pour trouver une solution diplomatique en Syrie -- a souligné que "les Etats-Unis n'avaient pas pris part aux négociations ayant conduit à cette annonce" de cessation des hostilités.

De fait, ce cessez-le-feu global en Syrie entre régime et rebelles doit entrer en vigueur jeudi à minuit (23H00 HB) avant l'ouverture de négociations de paix, en vertu d'un accord conclu sous l'égide de la Russie et de la Turquie. Le porte-parole américain a réaffirmé la position inébranlable de M. Kerry et du président Barack Obama selon laquelle "il n'y a pas de solution militaire à cette crise vieille de près de six ans". "Un processus piloté pas les Syriens entre le régime et l'opposition est crucial pour la mise sur pied d'un règlement durable du conflit", a martelé M. Toner, soulignant le "soutien total" de Washington à la reprise de pourparlers politiques entre ennemis syriens à Genève sous l'égide de l'ONU. Après plusieurs rencontres en Turquie, soutien de la rébellion, entre émissaires russes et représentants rebelles, le président Poutine a annoncé l'entrée en vigueur d'une trêve en Syrie jeudi à minuit.

L'accord de cessez-le-feu a été confirmé par l'armée syrienne et la Coalition nationale syrienne (CNS), principale composante de l'opposition en exil. Malgré de multiples tentatives -- par le biais de discussions bilatérales avec Moscou ou dans le cadre de négociations multilatérales -- John Kerry n'a jamais réussi à imposer de trêve durable en Syrie, l'acheminement d'aide humanitaire et la relance de tractations politiques intersyriennes.

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