Syrie : L'Arabie Saoudite marchande le veto de la Russie

08/08/13 à 10:50 - Mise à jour à 10:50

Source: Le Vif

L'Arabie Saoudite, souhaite signer un contrat d'armement de grande ampleur avec la Russie, annonce Les Echos. En échange, Moscou doit diminuer son soutien au président syrien Bachar el-Assad.

Syrie : L'Arabie Saoudite marchande le veto de la Russie

© Reuters

15 milliards de dollars. C'est, selon des membres de l'opposition syrienne, le prix que l'Arabie Saoudite, de confession sunnite comme les rebelles syriens, serait prête à mettre pour acheter des armes russes.

Si une source du Golfe assure que le chef du renseignement saoudien, le prince Bandar ben Sultan, n'a pas encore évoqué de montant lors de la rencontre avec les Russes, le présumé marché serait important. Les Saoudiens seraient même ressortis euphoriques de la réunion avec le président russe Vladimir Poutine. La raison ? En contrepartie de l'achat d'armes par les Saoudiens aux Russes, ces derniers doivent respecter deux conditions : réduire leur soutien au régime syrien et ne plus opposer leur veto au projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le conflit syrien. Poutine y a en effet fait barrage à trois reprises.

En outre, l'Arabie Saoudite a tenté de rassurer les Russes : les Saoudiens promettent de ne pas nuire à leur position de leader sur le marché européen du gaz naturel.

Quel débouché ?

Tout cela est encore à l'état de négociations. La première réaction de Vladimir Poutine aurait été peu encourageante. Un diplomate en poste au Moyen-Orient émet des réserves quant à la disposition de Poutine à marchander sa position stratégique en Syrie contre un contrat d'armements, aussi conséquent soit-il.

D'autres émissaires sont moins sceptiques. En cause : la pression exercée par la Russie sur le régime syrien afin qu'il accepte la venue de la mission d'enquête de l'ONU concernant l'utilisation présumée d'armes chimiques dans le conflit syrien.

Pour l'instant, l'attaché de presse russe et le ministère des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite n'ont pas commenté officiellement ces faits.

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