Syrie : amnistie générale pour les "crimes commis lors des événements"

16/01/12 à 10:54 - Mise à jour à 10:54

Source: Le Vif

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé dimanche au président Bachar al-Assad d'"arrêter de tuer" en Syrie.

Syrie : amnistie générale pour les "crimes commis lors des événements"

© Reuters

Le président syrien Bachar al-Assad a promulgué une "amnistie générale pour les crimes commis pendant les événements" qui secouent le pays depuis le 15 mars, a annoncé ce dimanche l'agence officielle Sana. Un geste qui a suscité le scepticisme. Après dix mois de violences ininterrompues, la répression a fait plus de 5000 morts.

Cette amnistie concerne essentiellement des infractions à des lois sur les manifestations pacifiques, le port d'armes ou la désertion de l'armée. "Les lois sont décrétées mais ne sont pas appliquées", a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ajoutant que l'organisation, basée en Grande-Bretagne, disposait de "preuves que plusieurs personnes qui devaient bénéficier de ces mesures sont toujours en détention".

Dans le même temps, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé dimanche au président Bachar al-Assad d'"arrêter de tuer" en Syrie. "Aujourd'hui, je redis au président syrien: M. Assad, mettez fin à la violence, arrêtez de tuer vos concitoyens, la répression mène à l'impasse", a affirmé Ban Ki-moon à Beyrouth lors d'une conférence de l'ONU sur la transition démocratique dans le monde arabe.

En marge de la même conférence, Amr Moussa, ex-chef de la Ligue arabe et a déclaré que l'organisation panarabe devrait "étudier" l'idée d'envoyer de troupes en Syrie, évoquée par l'émir du Qatar, ce samedi. "C'est une proposition très importante. Je pense que la Ligue arabe devrait l'étudier et lancer des consultations à ce sujet", a indiqué Amr Moussa, qui est candidat à la présidentielle égyptienne.

Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a pour sa part dénoncé dimanche le "silence" du conseil de sécurité de l'ONU sur la Syrie, estimant que la situation devenait "intolérable". "Le massacre continue, le silence du Conseil de sécurité aussi", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse en Birmanie. "Cette situation devient intolérable".

Dix mois de répression

Depuis la mi-mars, la Syrie est secouée par une révolte populaire sans précédent contre le régime du président Assad, dont la répression a fait plus de 5000 morts, selon l'ONU. Mais les autorités syriennes ne reconnaissent pas l'ampleur de cette contestation et accusent des "gangs armés" de semer le chaos. Elles accusent également les pays occidentaux de tramer "un complot" contre la Syrie.

Les autorités syriennes ont annoncé ces dernières semaines la libération de milliers de personnes "impliquées dans les événements et qui n'ont pas de sang sur les mains". Le régime syrien s'est fait une spécialité de fairre des annonces d'ouverture, toout en redoublant dans la répression. Début novembre, le régime avait déjà promis une amnistie aux détenteurs d'armes qui se rendraient à la police en huit jours.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

Deux amnisties déjà annoncées

Auparavant, le 31 mai, le président Assad avait décrété une amnistie générale incluant tous les détenus politiques y compris les membres des Frères musulmans. Et le 21 juin, il avait décrété une nouvelle amnistie générale portant sur tous les crimes commis avant le 20 juin, selon Sana.

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