Sur Arab Idol, un jeune chanteur syrien bouleverse le monde arabe

05/05/13 à 15:29 - Mise à jour à 15:29

Source: Le Vif

La prestation d'Abdel Karim Hamdan, jeune candidat syrien à l'émission de divertissement Arab Idol, a été visionnée sur Internet près de 5 millions de fois. Il y évoque la déchirure du pays et le sort des enfants "devenus étrangers dans leur propre patrie".

Sur Arab Idol, un jeune chanteur syrien bouleverse le monde arabe

© Capture d'écran

"Vous êtes un ambassadeur de la paix et de l'amour. Vous êtes l'ambassadeur de votre pays". Ragheb Alama, membre du jury d'Arab Idol, sur la chaîne MBC, ne cherche plus à dissimuler son émotion. Les mains jointes, il écoute celui qui chante l'histoire de sa patrie écorchée vive - la Syrie. Après trois minutes de prestation, Ragheb Alama et les trois autres jurés se lèvent et applaudissent Abdel Karim Hamdan, imités par le public.

Un conte de fées?

Agé de 25 ans et originaire d'Alep, dans le nord de la Syrie, ce jeune inconnu a quitté il y a peu son pays dévasté par la guerre pour rejoindre le Liban et participer à l'émission "Arab Idol", un concours de chant inspiré de la célèbre version anglaise "Pop Idol". Devant les caméras, seul sur scène, il chante les souffrances de son pays dans un hymne à la paix qu'il a lui-même composé, "Alep, source de douleur". Et bouleverse des millions de téléspectateurs... En quelques jours, la séquence vidéo de sa performance rassemble près de 5 millions de vues sur YouTube.

"Je n'ai rien à voir avec la politique"

Via les réseaux sociaux, Abdel Karim Hamdan est salué par certains internautes pour l'espoir qu'il incarne, tandis que d'autres menacent de l'"écraser". Lui refuse toutefois les récupérations politiques qui ont suivi son apparition sur le plateau de l'émission, soucieux de chanter "pour la Syrie, un point c'est tout". Pas question de devenir le symbole de l'opposition ou, a contrario, l'emblème du pouvoir. Apolitique revendiqué, il ne souhaite qu'une chose, souligne-t-il: porter un message de paix et chanter "une cause qui concerne le monde entier". C'est aussi, sans doute, une façon de protéger sa famille, restée en territoire syrien.

Préoccupé par l'afflux massif de réfugiés et par ses conséquences sur la stabilité politique du pays, le Liban accueille néanmoins un nombre croissant d'artistes syriens, qui viennent se produire à Beyrouth pour exprimer les souffrances du pays. "Il est très important de permettre [aux] artistes de s'exprimer sur scène", souligne Omar Rajey, organisateur libanais du BIPOD (Festival de danse de Beyrouth). Comme si l'art était l'ultime ressource d'une expression pacifique.

Erwan Morice

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