Suède : sur internet, l'extrême droite écrase les partis parlementaires

18/06/13 à 18:24 - Mise à jour à 18:24

Source: Le Vif

La fréquentation des sites internet de l'extrême droite suédoise dépasse de très loin celle des partis représentés au Parlement, indique un rapport remis au gouvernement suédois mardi.

Suède : sur internet, l'extrême droite écrase les partis parlementaires

© Capture d'écran Nordfront.se

Selon ce rapport réalisé par le Conseil étatique des médias, les sept plus grands sites internet d'extrême droite attirent au total quelque 145.000 visiteurs uniques par jour. "Je suis très étonné que [ces sites] aient sept fois plus de visiteurs que l'ensemble des partis parlementaires", a commenté le directeur de la recherche du Conseil, Ulf Dahlqvist, interrogé par la radio publique SR.

Pris individuellement, trois sites d'extrême droite dépasseraient donc l'audience cumulée des partis parlementaires: realisten.se (site d'information géré par le Parti des Suédois, une formation néo-nazie), nationell.nu (site d'information indépendant) et nordfront.se (site d'information géré par le Mouvement de résistance suédois, autre groupe néo-nazi).

Le rapport, intitulé "Messages de promotion de la violence et antidémocratiques sur internet", ne détaille pas la fréquentation des sites des partis de gouvernement.

Il relève que l'extrême gauche ne fait pas autant recette, avec 3.620 visiteurs uniques par jour pour les deux plus grands sites. Quant aux sites jihadistes et salafistes suédois, leur audience est encore plus marginale, avec environ 500 visiteurs uniques.

Interrogée par SR, la ministre aux Affaires européennes Birgitta Ohlsson a estimé qu'il fallait "prendre cela très au sérieux". "On ne peut jamais immuniser complètement une société contre les groupes antidémocratiques et extrémistes favorables à l'action violente. Mais on peut prendre un grand nombre d'initiatives", a-t-elle dit.

Realisten.se a nié tout appel à la violence, et souligné que le rapport devait faire réfléchir les partis politiques à leur "incapacité à créer des sites populaires".

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