Sommet UE : la note Van Rompuy est une base pour la discussion, selon Di Rupo

27/06/12 à 16:21 - Mise à jour à 16:21

Source: Le Vif

Le Premier ministre Elio Di Rupo relève plusieurs "éléments très importants" dans la note préparée par le président du conseil européen Herman Van Rompuy en vue du sommet européen de jeudi et vendredi à Bruxelles, mais elle n'est pas "à prendre ou à laisser".

Sommet UE : la note Van Rompuy est une base pour la discussion, selon Di Rupo

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"C'est une note d'initiation à la discussion", a-t-il souligné mercredi devant le Parlement en réponse aux demandes de son partenaire gouvernemental de l'Open Vld, lequel veut voir le gouvernement belge apporter son "plein soutien" à la note rédigée par l'ancien Premier ministre belge.

"Si l'on plaide pour plus d'Europe, on ne peut alors le faire à la carte", avait lancé quelques minutes auparavant le chef de groupe Open Vld à la Chambre, Patrick Dewael, enjoignant dans la foulée le Premier ministre d'appliquer les recommandations de la Commission européenne visant l'indexation des salaires en Belgique, ou le recul de l'âge de la retraite.

"Je fais partie de ceux qui veulent plus d'Europe, mais plus d'Europe ne veut pas dire que c'est la Commission européenne qui va décider pour tous les citoyens", a répliqué le Premier ministre, rappelant qu'une recommandation, comme son nom l'indique, n'avait pas de caractère contraignant.

M. Di Rupo a répété devant les députés que la Belgique n'entendait nullement modifier son système de pensions, mais oeuvrer plutôt à mieux faire coïncider âgé légal et âgé effectif de départ à la retraite. Il a également rejeté toute suppression du système d'indexation. "La recommandation de la Commission sur ce sujet est trop prescriptive ou restrictive", a-t-il jugé, à la veille du sommet européen où les 27 seront appelés à endosser les recommandations de la Commission aux Etats membres.

Quant au contenu de la note rédigée par Herman Van Rompuy, M. Di Rupo a pointé plusieurs "éléments très importants" à ses yeux, citant la régulation financière, le renforcement de l'intégration budgétaire, et les efforts pour renforcer la légitimité démocratique.

Le Premier ministre s'est dit ouvert à de nouvelles contraintes en matière de responsabilité, tout en plaidant pour une solidarité plus effective entre partenaires européens.

Devant les députés, M. Di Rupo n'a toutefois pas caché ses doutes quant à l'effet réel des mesures sur les marchés financiers. "Ca ne sera pas suffisant. Il faut une analyse beaucoup plus fine", a-t-il jugé, prenant le cas de l'Espagne en exemple qui, "malgré l'exemplarité du suivi d'une série de recommandations", n'a pas vu ses taux d'emprunts diminuer, a-t-il souligné.

Le Premier ministre a reconnu que le débat européen de ce jeudi et vendredi ne serait pas une sinécure, chaque dirigeant ayant "sa propre réalité nationale". Et M. Di Rupo d'évoquer notamment les propos prêtés à la chancelière allemande Angela Merkel qui, farouchement opposée à l'introduction d'euro-obligations, aurait assuré mardi soir que celles-ci ne verraient pas le jour "aussi longtemps que je vivrai".

"Je ne voudrais pas qu'elle disparaisse pour une question d'euro-obligations...", a ironisé le Premier ministre devant les députés.

Face à pareilles exigences, M. Di Rupo a jugé qu'il pourrait être utile d'élaborer une liste des solutions alternatives disponibles. "Si une chose n'est pas possible. Que fait-on alors? " a-t-il interrogé. "Car on ne peut pas laisser les choses comme cela...".

Le Vif.be, avec Belga

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