Silvio Berlusconi : "la politique est une maitresse ingrate"

28/09/16 à 16:30 - Mise à jour à 16:30

Source: Afp

L'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi fête jeudi ses 80 ans et affirme vouloir prendre du recul par rapport à la politique, une maîtresse ingrate qu'il dit n'avoir jamais aimée.

Silvio Berlusconi : "la politique est une maitresse ingrate"

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"Je regarde encore avec incertitude ce que pourrait être mon avenir. Ce que j'ai compris, peut-être la chose la plus importante, c'est que je passerai davantage de temps avec mes enfants et mes petits-enfants", déclare le milliardaire dans une interview parue mercredi dans l'hebdomadaire "Chi", propriété de la famille.

"Je consacrerai plus de temps aux personnes que j'aime. Et c'est juste comme ça: cinq enfants et dix petits-enfants font de moi un patriarche", ajoute-t-il.

Car malgré les implants capillaires et la chirurgie esthétique, Silvio Berlusconi vieillit. Il a subi mi-juin une opération à coeur ouvert pour remplacer une valve aortique après un attaque cardiaque qui a failli lui coûter la vie.

Déjà victime d'un malaise il y a dix ans, il s'était fait poser à l'époque un stimulateur cardiaque aux Etats-Unis. Il a également été opéré d'un cancer de la prostate en 1997.

"Au cours de ma vie je n'ai jamais pensé à mon âge. Au contraire, j'ai toujours vécu comme si j'avais 40 ans car c'est comme ça que je me sentais: plein de curiosité, d'envie de faire", assure dans l'interview Silvio Berlusconi, qui vit depuis plusieurs années avec Francesca Pascale, d'un demi-siècle sa cadette.

"Puis la maladie est arrivée à l'improviste. Et avec l'opération que j'ai subie, j'ai pris conscience de manière très forte du fait que je suis un homme de 80 ans", poursuit celui qui a été le plus longtemps chef de gouvernement dans l'Italie de l'après-guerre.

- 'Jamais planté' -

Des regrets ? Celui de ne pas avoir pu se consacrer suffisamment ces dernières années à l'AC Milan, son club 18 fois champion d'Italie et sept fois champion d'Europe mais qui n'a terminé que 7e du dernier Championnat et qu'il s'est résolu à vendre à des investisseurs chinois.

"Si le Milan n'allait pas ces dernières années comme avant, c'est seulement parce que je n'ai pas eu le temps de m'en occuper personnellement", assure-t-il.

La faute aux juges rouges, qui lui ont fait perdre son temps en une interminable série de procès injustifiés. "Pendant des années, j'ai travaillé au moins trois après-midi par semaine avec mes avocats pour préparer les 3.600 audiences des 73 procès politiques que j'ai dû subir", raconte-t-il.

D'acquittements en prescriptions, Silvio Berlusconi a pour l'instant écopé d'une seule condamnation définitive en août 2013 dans une affaire de fraude fiscale, ce qui lui a valu également de perdre son siège au Parlement italien.

"La politique ne m'a jamais passionné. Elle m'a juste fait perdre énormément de temps et d'énergie et si je suis descendu dans l'arène, c'était juste pour empêcher l'arrivée des communistes au pouvoir", assure-t-il.

Puis, fidèle à lui-même, il ajoute: "Je ne me suis jamais planté, aussi bien en politique étrangère qu'intérieure".

Sauf que son parti Forza Italia (FI), vainqueur des législatives de 2001 avec près de 30% des voix, a depuis entamé une lente descente aux enfers et plafonne désormais, selon les sondages, autour de 10-12%.

Tous ses dauphins présumés, de Gianfranco Fini à l'actuel ministre de l'Intérieur Angelino Alfano, l'ont abandonné en cours de route.

Et la droite italienne se retrouve désormais divisée entre FI, la Ligue du Nord populiste, le Nouveau centre-droit modéré (actuellement dans la majorité) et d'autres petits partis. Aucun leader susceptible de rassembler n'émerge.

Et quand l'un ou l'autre sort du rang, il est systématiquement "abattu" en plein vol par l'ancien chef du gouvernement, comme cela a été encore le cas récemment avec Stefano Parisi, candidat du centre-droit battu de peu à l'élection municipale à Milan.

"Il faudra du temps pour comprendre si Berlusconi se rend compte qu'il ne peut plus commander, même s'il peut compter encore", concluait mercredi un éditorialiste du Corriere della Sera.

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