Shimon Peres est mort: il n'a jamais cessé de croire en la paix

28/09/16 à 06:24 - Mise à jour à 07:10

Source: Afp

Le prix Nobel de la paix et ancien président israélien Shimon Peres est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l'âge de 93 ans des suites d'un accident vasculaire cérébral, a indiqué à l'AFP son médecin personnel Rafi Walden.

Shimon Peres est mort: il n'a jamais cessé de croire en la paix

Shimon Peres, à son domicile à Jerusalem, juin 2013. © REUTERS/Baz Ratner

"Oui, en effet", a répondu Rafi Walden, également gendre de M. Peres, joint au téléphone par l'AFP. Il s'est éteint dans son sommeil "à 03H00 du matin" (00H00 GMT), a-t-il dit.

M. Peres a succombé entouré des membres de sa famille, a indiqué un proche sous le couvert de l'anonymat. Ses proches devaient faire une déclaration à la presse vers 07H00 (04H00 GMT) à l'hôpital Tel-Hashomer de Ramat Gan, proche de Tel-Aviv, où il avait été admis il y a deux semaines.

Avec Shimon Peres disparaît une figure historique, dernier survivant de la génération des pères fondateurs de l'Etat d'Israël et l'un des principaux artisans des accords d'Oslo qui ont jeté les bases d'une autonomie palestinienne dans les années 1990.

M. Peres était le seul encore vivant des trois hommes à avoir été distingués du Nobel de la paix en 1994 "pour leurs efforts en faveur de la paix au Moyen-Orient", après la disparition de l'Israélien Yitzhak Rabin et du Palestinien Yasser Arafat.

Mais il était aussi l'un des architectes du programme nucléaire d'Israël, considéré comme la seule puissance atomique militaire du Proche-Orient, et de l'avance militaire de son pays, réputé comme étant à la tête de la plus formidable armée de la région.

Les messages de condoléances ont immédiatement commencé à affluer du monde entier, montrant l'ampleur du respect voué à l'homme que beaucoup des dirigeants de ce monde présentaient comme leur "ami".

Le président américain Barack Obama a salué sa mémoire, soulignant qu'il n'avait jamais cessé de croire en la paix. Son prédécesseur George W. Bush a loué son engagement de toute une vie envers la paix et la liberté.

Depuis son hospitalisation, le pape François, le président russe Vladimir Poutine, les Clinton et Donald Trump avaient envoyé des messages de soutien.

M. Peres avait été victime le 13 septembre d'un accident vasculaire cérébral (AVC) majeur accompagné d'une hémorragie interne. Il avait alors été placé sous respirateur et sédatifs en soins intensifs à l'hôpital Tel-Hashomer.

Ses médecins avaient immédiatement présenté son état comme critique, mais avaient ensuite évoqué une stabilisation puis une petite amélioration. Il n'est jamais sorti de son sommeil.

Son état s'est dégradé lundi, a dit à l'AFP une source dans son entourage sous le couvert de l'anonymat.

"Le président est entre la vie et la mort", reconnaissait-elle mardi, admettant que les dommages cérébraux étaient permanents.

Un sage de la nation

Ses enfants et petits-enfants ont été appelés à l'hôpital, a-t-elle dit.

Des dizaines de journalistes se sont installés dans le hall de Tel-Hashomer, tendant leurs câbles de transmission, alors que déambulaient des patients en pyjama, curieux ou indifférents à cette agitation.

Dans son propre pays, après avoir été au coeur des grandes batailles de la courte histoire d'Israël et des farouches controverses d'un monde politique israélien féroce, M. Peres était devenu une personnalité largement consensuelle, considérée comme un sage de la nation.

Les responsables israéliens ont défilé depuis deux semaines à l'hôpital. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait part dans une première réaction de sa "profonde tristesse" et a annoncé qu'il rassemblerait le gouvernement pour une reunion de deuil.

Le chef de l'opposition travailliste Isaac Herzog a rendu hommage à "l'un des plus grands dirigeants qu'Israël ait jamais eus", "un homme d'Etat remarquable dont on se souviendra à jamais comme une icône de l'histoire d'Israël'.

Premier ministre à deux reprises, entre 1984 et 1986 et en 1995-1996, puis président de 2007 à 2014, M. Peres avait occupé pendant plus de 50 ans de vie publique de nombreux postes à responsabilité: Défense, Affaires étrangères, Finances...

Entré en politique à 25 ans grâce à David Ben Gourion, fondateur d'Israël, M.Peres était aussi considéré comme le père du programme nucléaire israélien.

Malgré les accords d'Oslo et malgré la conversion à la paix de l'ancien faucon travailliste, les Palestiniens ont une vision bien plus noire de celui qui a cautionné les premières colonies juives de Cisjordanie occupée et qui était Premier ministre quand l'aviation israélienne a bombardé le village libanais de Cana, tuant 106 civils en avril 1996.

Après la présidence, M. Peres était resté actif à travers son Centre Peres pour la paix, qui promeut la coexistence entre juifs et Arabes, au moment où les perspectives de règlement du conflit israélo-palestinien ont rarement été plus sombres. Mais il avait subi un coup d'arrêt avec deux alertes cardiaques en janvier.

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