Sénégal : "Wade peut encore sortir par la grande porte"

08/01/12 à 15:46 - Mise à jour à 15:46

Source: Le Vif

Le chanteur Youssou Ndour, candidat à la présidentielle au Sénégal, demande au président sortant Abdoulaye Wade de renoncer à briguer un nouveau mandat en février prochain

Sénégal : "Wade peut encore sortir par la grande porte"

© Image Globe

Il est venu lui dire qu'il doit s'en aller... Youssou Ndour estime que président sortant du Sénégal, Abdoulaye Wade, doit partir. La star internationale de la chanson, lui-même candidat au scrutin présidentiel de février prochain, ne "considère même pas Wade comme candidat", assène-t-il dans un entretien accordé à l'AFP.

"Si on reste dans le cadre de la Constitution, il n'en a pas le droit", explique le chanteur. Le chef de l'Etat âgé de 85 ans, élu une première fois en 2000, compte en effet briguer un nouveau mandat après sa réélection en 2007. "Il faut qu'il revienne à la raison et on peut l'aider à sortir par la grande porte, je le lui ai dit face à face", ajoute Youssou Ndour, également patron de presse très impliqué dans la vie sociale de son pays depuis des années.

"Et là j'interpelle le monde entier qui n'est pas encore clair par rapport à ça: il faut qu'on lui dise la vérité", a ajouté Youssou Ndour. "Dites lui clairement, Obama, Sarko, Cameron, Merkel, etc, dites lui que la loi fondamentale, ce qui régit les Sénégalais, ne lui permet pas de se présenter. Qu'il ne force pas, parce qu'il vaut mieux prévenir que guérir".

"On a pas besoin de ça au Sénégal, c'est un pays de paix", a affirmé Youssou Ndour, craignant que le simple fait que Wade dépose sa candidature devant le Conseil constitutionnel ne provoque des violences. La vingtaine de candidats déclarés ont jusqu'au 26 janvier pour déposer leur candidature devant le Conseil qui devra décider de la recevabilité de ces candidatures quelques jours plus tard.

"Moi je suis non violent, mais on ne maîtrise pas les Sénégalais. A partir du moment où il n'y a pas de justice, la paix n'est pas possible. Justice rime avec paix, paix avec justice", a-t-il affirmé, ajoutant que le président Wade n'est pas un "roi". "C'est un président qui a été élu démocratiquement, réélu et la Constitution ne lui permet pas" de déposer à nouveau sa candidature. "Il a fait des choses", reconnaît-il, mais "il a fini aujourd'hui ce qu'il devait faire. Il a échoué. Merci".

Il est certain de l'emporter...

A propos de sa propre candidature, "You" comme l'appellent ses compatriotes, a affirmé "venir avec une nouvelle démarche, une nouvelle vision". "Je pense que je vais créer la surprise, je pense qu'il y a une évolution silencieuse, les gens vont voter Youssou Ndour", a-t-il déclaré, se disant certain de l'emporter dès le premier tour du 26 février.

"Je vois le désespoir des populations, je fais partie de ces populations. Je vois la situation se détériorer", a-t-il dit, affirmant que s'il est élu, ses priorités - santé, éducation, agriculture - n'auront que pour but d'aider "le Sénégal d'en bas" en dégageant des fonds, en particulier par la réduction du "train de vie exubérant de l'Etat".

Issu d'un milieu modeste du quartier populaire de la Médina à Dakar, Youssou Ndour, 52 ans, n'a pas fait d'études supérieures, mais met en avant sa notoriété internationale pour favoriser le développement du Sénégal. S'il est élu, "You" s'engage à abandonner le temps de son mandat toutes ses activités artistiques, son groupe de presse, ses affaires: "Le Sénégal est beaucoup plus important que tout ça".

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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