Sarkozy, objet d'une enquête, devra s'expliquer devant la justice dans l'affaire Karachi

03/10/13 à 19:29 - Mise à jour à 19:29

Source: Le Vif

Un nouveau front judiciaire se concrétise pour Nicolas Sarkozy: des magistrats ont obtenu jeudi le feu vert pour déterminer si l'ex-chef de l'État français s'est rendu complice d'une violation du secret de l'instruction en marge de l'affaire Karachi.

Sarkozy, objet d'une enquête, devra s'expliquer devant la justice dans l'affaire Karachi

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"M. Sarkozy devra s'expliquer devant des juges d'instruction pour des faits de violation du secret de l'instruction, du secret professionnel, et de recel, qui lui sont reprochés", a déclaré à l'AFP Me Olivier Morice, avocat des familles à l'origine de la procédure.

C'est un communiqué controversé de l'Élysée qui vaut ces nouveaux ennuis judiciaires à l'ancien président, qui attend par ailleurs de savoir s'il sera renvoyé en correctionnelle par les juges bordelais instruisant le dossier Bettencourt.

Le 22 septembre 2011, alors que deux proches de M. Sarkozy, Thierry Gaubert et Nicolas Bazire, venaient d'être mis en examen, la présidence avait tenu à indiquer dans un communiqué que "s'agissant de l'affaire dite de Karachi, le nom du chef de l'État n'apparaît dans aucun des éléments du dossier".

Cette enquête étant couverte par le secret de l'instruction, de nombreuses voix, notamment au sein des syndicats de magistrats, avaient dénoncé une intrusion de l'exécutif dans une procédure judiciaire.

Et des familles de victimes de l'attentat de Karachi avaient saisi la justice. Leur première plainte ayant été classée sans suite, elles ont attendu la fin du mandat de M. Sarkozy pour l'attaquer à nouveau en juin 2012 pour complicité de violation du secret de l'instruction.

Jeudi après-midi, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris, réunie à huis clos, a autorisé les juges à enquêter sur l'ex-président, selon des sources proches du dossier.

Le parquet général a cinq jours pour saisir éventuellement la haute juridiction.

L'avocat de M. Sarkozy n'a pas pu être joint. Sollicité par l'AFP, l'entourage de l'ex-chef de l'État n'avait pas commenté cette information en début de soirée.

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