Sarkozy défend ses priorités sur TF1

11/02/11 à 11:56 - Mise à jour à 11:56

Source: Le Vif

Pendant plus de deux heures sur TF1, le chef de l'Etat français s'est posé en président protecteur en prévision de sa future campagne pour sa réélection.

Sarkozy défend ses priorités sur TF1

© EPA

Comme prévu, ce fut une longue, très longue opération de reconquête de son électorat. Lors de l'émission "Paroles de Français", sur TF1, Nicolas Sarkozy s'est efforcé jeudi soir de désamorcer les polémiques de l'heure, de la colère des magistrats aux vacances de François Fillon et Michèle Alliot-Marie à l'étranger tout en annonçant quelques mesures pour lutter contre le chômage.

Répondant pendant plus de deux heures et demi sur TF1 à un échantillon de neuf Français, le chef de l'Etat a également précisé les contours de sa réforme de la dépendance en annonçant qu'elle passerait par la création d'une cinquième branche de la sécurité sociale, mais sans livrer de détails sur son financement en période de rigueur budgétaire.

Au soir d'une journée de manifestations sans précédent à travers tout le pays, Nicolas Sarkozy a d'abord promis aux magistrats l'ouverture dès vendredi d'une "concertation très ouverte" sur les raisons de leur "malaise".

Mais il est resté inflexible sur ses accusations concernant le suivi du meurtrier présumé de la jeune Laetitia, qui ont mis le feu au monde judiciaire. "Je vous promets que je vais voir précisément ce qu'il s'est passé et si il y a des fautes, il y aura des sanctions", a-t-il répété.

Nicolas Sarkozy s'est également défendu d'exploiter l'émotion suscitée par ce dossier. Rappelant que leurs effectifs avaient augmenté de 16% depuis 2002, il a répondu aux magistrats que "tout n'est pas qu'une question de moyens" et que leur grève ne saurait être une "réponse" à leurs doléances.

Leurs syndicats ont vivement réagi à ces déclarations, les jugeant "lamentables, pas à la hauteur des enjeux" voire "affligeantes".

Dans la foulée, le chef de l'Etat a défendu sa ministre des Affaires étrangères et son Premier ministre, mis en cause pour leurs vacances en Tunisie et en Egypte, rappelant qu'ils n'avaient pas détourné "un centime".

M. Sarkozy, qui avait promis à son élection l'instauration d'une "République irréprochable", a concédé que ces vacances pouvaient "choquer". Mais il a jugé que le séjour de François Fillon ne constituait pas "une faute". Tout au plus a-t-il concédé que la décision de Michèle Alliot-Marie de se rendre à Noël en Tunisie "n'était pas la meilleure idée".

Sur le front de l'emploi, principale préoccupation des Français, le président a annoncé une enveloppe de 500 millions d'euros, notamment pour les chômeurs de longue durée, et la mise en place "dès maintenant" d'un système de "bonus malus" pour encourager les entreprises à respecter leurs obligations en matière d'apprentissage des jeunes. Il y a un an lors de la même émission "Paroles de Français", M. Sarkozy avait promis une baisse du chômage qui ne s'est pas réalisée.

Sautant d'un sujet à l'autre, Nicolas Sarkozy a constaté "l'échec" du multiculturalisme, après la chancelière allemande Angela Merkel et plus récemment le Premier ministre britannique David Cameron. "La vérité c'est que (...) on s'est trop préoccupé de l'identité de celui qui arrivait et pas assez de l'identité du pays qui accueillait", a-t-il jugé.

Rattrapé en toute fin d'émission par l'actualité internationale, le président a estimé que la mise en retrait du président égyptien Hosni Moubarak était "inéluctable" et souhaité que l'Egypte trouve "le chemin de la démocratie" en évitant "la dictature religieuse".
Sans surprise, la gauche a dénoncé la "surdité" du chef de l'Etat et ses "mensonges", alors que la droite a salué un président "attentif" aux préoccupations des Français.

Le Vif.be, avec L'Express.fr

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