Sanctions contre l'Ukraine et élections anticipées?

20/02/14 à 19:39 - Mise à jour à 19:39

Source: Le Vif

L'Union européenne a décidé jeudi d'imposer des sanctions "ciblées" contre des responsables des violences sanglantes en Ukraine, ont annoncé plusieurs ministres des Affaires étrangères à l'issue d'une réunion extraordinaire à Bruxelles.

Sanctions contre l'Ukraine et élections anticipées?

© Reuters

Ces sanctions concerneront la délivrance de visas - et donc la possibilité de se rendre dans des pays de l'UE - ainsi qu'un gel des avoirs et la suspension des livraisons d'"équipements pouvant servir à la répression", a précisé le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, lors d'une conférence de presse.

"Nous avons pris la décision, en étroite coordination avec les trois ministres qui négocient à Kiev, de procéder très rapidement, dans les prochaines heures, pour priver de visas et geler les avoirs de ceux qui sont tachés de sang", a pour sa part affirmé la ministre italienne, Emma Bonino, en quittant la réunion de crise.

"La responsabilité de la violence incombe au régime (ukrainien) mais nous ne pouvons ignorer qu'il y a des groupes extrémistes et des infiltrés. Nous visons tous ceux qui sont tachés de sang", a-t-elle insisté. Pour l'instant, aucune liste comportant des noms n'a été établie, a-t-on indiqué de source diplomatique.

Mais c'est "une question d'heures", au moins pour une "première liste" qui pourra ensuite être élargie, a assuré M. Reynders. Il a précisé que la décision avait été prise à l'unanimité et en consultation avec les trois ministres des Affaires étrangères européens présents à Kiev pour essayer de faire cesser l'escalade de la violence, l'Allemand Frank-Walter Steinmeier, le Français Laurent Fabius et le Polonais Radoslaw Sikorski.

Elections anticipées en 2014 ?

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a déclaré jeudi que les ministres de l'UE avaient obtenu du président ukrainien Victor Ianoukovitch son accord pour des élections présidentielles et parlementaires anticipées en 2014.

"Il a été convenu avec Ianoukovitch que des élections présidentielles et parlementaires se tiendraient cette année et qu'un gouvernement d'unité nationale serait créé dans les prochains dix jours ", a déclaré à la presse M. Tusk.

Une informantion démentie par Laurent Fabius. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a indiqué jeudi soir qu'il n'y a pas d'accord "pour l'instant" avec le président ukrainien Viktor Ianoukovitch. Il a fait état de négociations "très difficiles".

Laurent Fabius et ses homologues allemand Frank-Walter Steinmeier et polonais Radoslaw Sikorski ont été dépêchés jeudi à Kiev. Leur mission: parvenir à un compromis avec le président ukrainien et l'opposition pro-européenne en négociant une "feuille de route" pour une sortie de crise pacifique. Ils ont rencontré successivement des dirigeants de l'opposition puis le président ukrainien durant plus de cinq heures. Le trio de ministres a repris en soirée des pourparlers avec le président ukrainien. "Pour l'instant, il n'y a aucun résultat", a déclaré pour sa part l'un des leaders de l'opposition, Vitali Klitschko, à l'issue d'une rencontre avec les trois ministres.

Verhofstadt satisfait des sanctions prises par l'UE contre des responsables ukrainiens

L'eurodéputé Guy Verhofstadt (Open Vld), en visite à Kiev jeudi, s'est montré satisfait des sanctions imposées par l'UE à des responsables ukrainiens. "Cette décision aurait déjà dû être prise il y a des semaines ou des mois. La question est maintenant de savoir si les soutiens de Ianoukovitch contre qui les sanctions sont dirigées vont s'éloigner du président", a indiqué M. Verhofstadt.

L'Union européenne a décidé d'imposer des sanctions "ciblées" contre des responsables des violences sanglantes en Ukraine, ont annoncé jeudi plusieurs ministres des Affaires étrangères à l'issue d'une réunion extraordinaire à Bruxelles. Ces sanctions concerneront la délivrance de visas - et donc la possibilité de se rendre dans des pays de l'UE - ainsi qu'un gel des avoirs et la suspension des livraisons d'"équipements pouvant servir à la répression", a précisé le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders.

"La liste des personnes qui seront sanctionnées doit être suffisamment large pour garantir l'efficacité de ces mesures", a estimé M. Verhofstadt, qui s'est rendu à la place de l'Indépendance de Kiev, épicentre de la contestation contre Ianoukovitch, durant la soirée de jeudi.

L'ancien Premier ministre belge s'est adressé aux milliers de manifestants rassemblés. "Vous ne devez pas remercier l'Europe, c'est elle qui doit vous remercier, car c'est vous qui défendez en ce moment les valeurs européennes", a-t-il déclaré en substance.

Le leader des libéraux au Parlement européen a également rencontré des dirigeants de l'opposition ukrainienne.

Washington menace Ianoukovitch de sanctions

Le vice-président américain Joe Biden a prévenu jeudi le président ukrainien Viktor Ianoukovitch que les Etats-Unis étaient disposés à prendre des sanctions contre les personnes coupables d'avoir ordonné de tirer sur les manifestants à Kiev.

M. Biden s'est entretenu par téléphone avec le président ukrainien et "a clairement dit que les Etats-Unis étaient disposés à prendre des sanctions à l'encontre des gouvernants responsables des violences", a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

La violence s'est déchaînée jeudi en Ukraine avec au moins 60 morts à Kiev, selon l'opposition.

Un peu plus tôt jeudi, la Maison Blanche s'était dite "scandalisée" par les tirs de force de l'ordre contre les manifestants.

Selon le communiqué de la présidence, Joe Biden a appelé Viktor Ianoukovitch à "retirer immédiatement les forces de sécurité régulières -police, snipers, armée et unités paramilitaires- et toutes les autres forces" qui n'entrent pas dans cette catégorie.

"Le vice-président a exhorté le président Ianoukovitch à prendre des mesures immédiates et concrètes pour travailler avec l'opposition de manière à s'engager sur la voie qui permettra de répondre aux attentes légitimes du peuple ukrainien", a encore noté la Maison Blanche.

Les Etats-Unis ont pour l'heure interdit de visas environ 20 hauts cadres officiels ukrainiens qu'ils accusent d'être responsables de la répression meurtrière des manifestations.

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