Russie : l'annexion de la Crimée pourrait coûter 200 milliards

31/03/15 à 17:23 - Mise à jour à 17:23

Source: Belga

L'annexion de la Crimée pourrait coûter à l'économie russe jusqu'à 200 milliards de dollars dans les années à venir, a affirmé mardi l'influent ancien ministre russe des Finances Alexeï Koudrine.

Russie : l'annexion de la Crimée pourrait coûter 200 milliards

© Reuters

"Le financement de la Crimée nous coûtera de six à sept milliards de dollars par an", soit 5,6 à 6,5 milliards d'euros, a déclaré cet économiste respecté par les milieux économiques libéraux mais aussi par Vladimir Poutine dont il a été ministre pendant 10 ans. "Les pertes indirectes, comme la fuite des capitaux, seront beaucoup plus importantes. Elles représentent de 150 à 200 milliards de dollars sur les trois ou quatre prochaines années", soit de 140 à 185 milliards d'euros, a-t-il ajouté à l'occasion d'une table ronde consacrée au 15e anniversaire de l'élection de Vladimir Poutine, retransmise à la télévision. "C'est le prix à payer", a regretté M. Koudrine, s'inquiétant de la perte de confiance des investisseurs et les "nouvelles règles du jeu" ayant suivi l'annexion. L'annexion de la Crimée et le soutien apporté par Moscou aux séparatistes dans l'est de l'Ukraine ont conduit à une dégradation des relations de la Russie avec les pays Occidentaux, qui lui ont imposé de sévères sanctions économiques. Les fuites de capitaux, mal récurrent de la Russie, ont plus que doublé l'an dernier pour atteindre 150 milliards de dollars, un niveau inédit depuis la fin de l'URSS. Le gouvernement prévoit qu'elles s'élèveront à 115 milliards de dollars cette année, même si selon les experts il s'agit désormais plus du remboursement de dette contractée par les entreprises russes à l'étranger que de retraits d'investisseurs à proprement parler. Les conséquences de ces sanctions et la baisse des prix du pétrole ont plongé la Russie dans une crise monétaire et désormais économique, même si le récent regain du rouble, la stabilisation du prix du pétrole ainsi que l'accalmie des combats en Ukraine laissent espérer au gouvernement que la récession attendue sera moins profonde que prévu. Alexeï Koudrine a cependant mis en garde contre une vision trop optimiste de la situation économique russe, prévoyant une stagnation économique pendant cinq ans, même si le gouvernement parvient à mener des réformes structurelles. "Nous sommes presque condamnés", a-t-il déclaré. "C'est le défi le plus sérieux pour le président", a-t-il ajouté, exhortant M. Poutine à mettre à profit sa popularité. "Si ce taux de popularité n'est pas utilisé pour mener des réformes, alors il n'aura servi à rien".

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