Rubygate : Berlusconi rattrapé par la justice

15/02/11 à 11:46 - Mise à jour à 11:46

Source: Le Vif

La juge Cristina Di Censo a décidé mardi un "procès immédiat" pour le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi pour recours à la prostitution de mineure et abus de fonction dans le scandale sexuel Rubygate, selon des sources judiciaires citées par les médias italiens.

Rubygate : Berlusconi rattrapé par la justice

© Reuters

La magistrate a fixé la première audience de cette procédure accélérée prévue par le code pénal italien en cas d'"évidence de la preuve" au 6 avril à 09h30.

"Nous ne nous attendions pas à autre chose", ont réagi les avocats du Cavaliere.

Le milliardaire sera jugé pour avoir rémunéré les prestations sexuelles de Ruby, la jeune Marocaine Karima El Mahroug, quand elle était mineure entre février et mai 2010 et pour être intervenu auprès de la police à Milan pour la faire relâcher après son interpellation la nuit du 27 au 28 mai pour vol.

Aussi bien M. Berlusconi que Ruby ont nié avoir eu des rapports sexuels, la jeune fille qui a eu 18 ans en novembre admettant seulement avoir participé à des dîners "tout à fait normaux et sages".

En outre, la défense de M. Berlusconi affirme qu'il est intervenu pour faire libérer la jeune fille parce qu'il était convaincu qu'elle était "la nièce du président égyptien Hosni Moubarak" et voulait préserver de bonnes relations avec son pays.

Le Rubygate est le troisième scandale sexuel qui implique M. Berlusconi mais il s'agit de l'affaire la plus grave car il est passible de trois ans de prison pour recours à la prostitution et de douze ans de réclusion pour abus de fonction.

Nombreuses manifestations de femmes contre les moeurs de Berlusconi

Des milliers de femmes se sont rassemblées dimanche dans plusieurs villes d'Italie, de Palerme à Venise, pour défendre la dignité de la femme et dénoncer l'image "indécente" qu'en donnent selon elles les moeurs du chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

"Défendons la valeur de la dignité des femmes", proclamait une pancarte ouvrant le cortège organisé à Palerme par le mouvement "Si ce n'est pas maintenant alors quand ? ".

Pour de nombreuses Italiennes, le scandale "Rubygate" a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

A Trieste, dans le nord du pays, environ 3.000 personnes ont manifesté et réclamé, entre autres, la démission de M. Berlusconi.

A Bari, dans les Pouilles, 3.000 personnes selon la préfecture de police et 10.000 selon les organisateurs, ont défilé en centre-ville, tandis que le comité d'organisation sarde a annoncé "des milliers" de personnes dans plusieurs villes de la Sardaigne.

A Venise, 9.000 personnes ont manifesté "contre un modèle de relations hommes-femmes affiché par l'une des plus importantes personnalités de l'Etat".

A Pescara, sur la côte adriatique, "la place du Sacré Coeur était remplie par les manifestants comme elle ne l'avait pas été depuis des décennies", écrit l'agence Ansa.

Le Vif.be, avec Belga

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