Révolution au sein de l'Eglise : le pape favorable à des femmes diacres

13/05/16 à 12:31 - Mise à jour à 12:29

L'égalité homme-femme reste, encore aujourd'hui, un idéal à atteindre. Si dans la Loi, elle donne l'air d'être acquise ; dans les faits, c'est très loin d'être le cas. Mais qu'en est-il de la religion catholique ?

Révolution au sein de l'Eglise : le pape favorable à des femmes diacres

A l'arrivée du pape François en septembre 2015, des manifestantes exige que l'Eglise catholique inclu plus de femmes. © REUTERS

Depuis son élection le 13 mars 2013, le pape François n'a cessé de vouloir remettre l'Eglise en accord avec son temps. Il s'est donc penché sur la question de la place de la femme dans l'exercice des responsabilités au sein de la religion catholique.

Le pape a ouvert jeudi la discussion autour de l'ordination des femmes diacres. C'est une véritable révolution pour l'Eglise où, pour l'instant, seuls les hommes peuvent donner les sacrements.

"Je pense que oui, ce serait bien pour l'Eglise de clarifier ce point. Je suis d'accord. Je parlerai pour qu'on fasse quelque chose dans ce genre" a-t-il répondu à l'une des centaines de religieuses présentes lors d'une réunion à huis-clos, rapporte l'Osservatore Romano, journal du Vatican. Une commission pour étudier cette question va donc être mise en place prochainement.

Au sein de l'Eglise catholique, les diacres sont habilités à prononcer le sermon lors des messes ou à célébrer diverses cérémonies comme les baptêmes, les mariages ou les enterrements. Mais il leur est interdit de prononcer seuls la messe. Un prêtre est obligé d'être présent pour célébrer l'eucharistie et confesser les croyants.

Alors qu'il a longtemps été considéré comme une étape vers la prêtrise, le concile Vatican II a rétabli le diaconat permanent et accessible aux hommes mariés. Le but étant de pallier le manque de prêtres ou, au moins, de mieux les épauler dans leurs tâches.

En 2014, les statistiques du Vatican estimaient à plus de 415.000 prêtres pour seulement 44.500 diacres permanents dans le monde. Néanmoins, une progression du nombre de diacres à hauteur de 33% a été enregistrée depuis 2005, principalement en Europe et en Amérique du Nord.

Tirer les leçons du passé

Aux Etats-Unis, la Conférence pour l'ordination des femmes a précisé que cette commission proposée par le pape François était "un grand pas" pour l'Eglise vers la reconnaissance de son histoire. Au niveau historique, de nombreuses recherches ont prouvé que dans les premiers siècles du christianisme, des diaconesses travaillaient déjà avec les hommes.

Pour améliorer l'avenir

Le souverain pontife avait déjà fait part de son intérêt pour l'égalité homme-femme et de sa volonté de remédier aux inégalités dont elles sont victimes dans l'exercice des fonctions religieuses. Il a d'ailleurs clairement énoncé la possibilité qu'une femme pourrait un jour prochain diriger un dicastère de la Curie.

En octobre dernier, lors du synode des évêques concernant la famille, Mgr Paul-André Durocher avait déjà émis l'hypothèse que des femmes puissent devenir diacres. Une proposition qui avait provoqué de vifs applaudissements de la part des pères synodaux présents.

Pour l'instant, aucune mesure concrète n'a été prise dans cette direction. Pourtant, force est de constater que les femmes sont majoritaires parmi les personnes dévouées à la vie des paroisses mais elles sont systématiquement sous les ordres d'un homme.

"François sent que le temps passe et qu'il doit prendre des décisions courageuses même si la majorité de la hiérarchie de l'Eglise n'est pas prête à faire ce pas", a expliqué Marco Politi, auteur de "François parmi les loups" à l'AFP. "Je ne doute pas que dans un an, nous aurons les résultats de cette commission" a-t-il certifié.

En revanche, le pape argentin a réaffirmé il y a peu de temps qu'il n'était pas envisageable pour les femmes de devenir prêtre. Selon lui, ses prédécesseurs, dont notamment Jean Paul II, avaient déjà examiné cette requête et s'y sont montrés défavorables. Les femmes ne peuvent donc pas être prêtresses mais, si Dieu le veut, elles pourront peut-être devenir diaconesse.

Par Axelle Verstraeten

En savoir plus sur:

Nos partenaires