Retour au calme à la frontière turco-syrienne, où l'armée turque monte la garde

05/10/12 à 06:34 - Mise à jour à 06:34

Source: Le Vif

Les bombardements turcs de représailles aux tirs d'obus syriens ayant cessé la veille, un calme relatif régnait vendredi matin à la frontière turco-syrienne dans le village d'Akçakale, où l'armée turque a nettement renforcé sa présence, a constaté un photographe de l'AFP.

Retour au calme à la frontière turco-syrienne, où l'armée turque monte la garde

© Image Globe

Plusieurs chars et pièces d'artillerie, dont les canons visent ostensiblement le territoire syrien, ont été déployés dans la localité turque, située juste en face du poste-frontière syrien de Tall al-Abyad contrôlé depuis la mi-septembre par les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL). De nombreux véhicules militaires en patrouille parcouraient également les rues et les environs de la ville.

Depuis le début de la matinée, de nombreux habitants d'Akçakale ont traversé librement la frontière pour fournir en eau ou en nourriture leurs voisins syriens, privés de ravitaillement par les combats meurtriers qui opposent les rebelles aux troupes fidèles au président Bachar al-Assad pour le contrôle de la grande ville syrienne d'Alep, plus au sud.

La Turquie n'a "pas l'intention de déclencher une guerre avec la Syrie"

La Turquie n'a "pas l'intention de déclencher une guerre avec la Syrie", a affirmé jeudi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan après le vote au Parlement d'une résolution autorisant le gouvernement à mener des opérations militaires en Syrie, adoptée en réaction à des tirs syriens.

"Tout ce que nous voulons dans cette région, c'est la paix et la sécurité. C'est ça notre intention. Nous n'avons pas l'intention de déclencher une guerre avec la Syrie", a déclaré M. Erdogan à Ankara au cours d'une conférence de presse conjointe avec le premier vice-président iranien Mohammad-Reza Rahimi.

Le Premier ministre a toutefois appelé Damas à ne pas mettre la patience d'Ankara à l'épreuve. "La République turque est un Etat qui est capable de protéger ses citoyens et ses frontières. Que personne ne s'avise de mettre notre détermination à l'épreuve sur ce point", a-t-il prévenu.

Des tirs syriens d'obus ont fait cinq morts et 11 blessés mercredi à Akçakale (sud-est), un village turc proche d'une portion de la frontière syrienne où des affrontements sont en cours entre l'armée fidèle au régime de Damas et les rebelles syriens.

La Turquie a riposté par des tirs d'artillerie contre des positions de l'armée syrienne mercredi soir et jeudi matin. Jeudi, l'Assemblée nationale a voté une résolution autorisant formellement le gouvernement à mener des opérations militaires en Syrie au nom de la "sécurité nationale".

Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne les tirs syriens

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "condamné dans les termes les plus fermes les tirs d'obus par les forces syriennes" dans une déclaration adoptée jeudi. Les 15 pays membres du Conseil "exigent que de telles violations des lois internationales cessent immédiatement et ne se répètent pas", ajoute le texte.

Ils "demandent au gouvernement syrien de respecter totalement la souveraineté et l'intégrité territoriale de ses voisins" et "appellent à la retenue".

Interrogé sur ce point, l'ambassadeur du Guatemala Gert Rosenthal qui préside le Conseil en octobre a précisé qu'il s'agissait d'une demande "adressée aux deux" pays. "Cet incident illustre le grave impact que la crise en Syrie a sur la sécurité de ses voisins et sur la stabilité et la paix dans la région", conclut le texte.

Le Vif.be, avec Belga

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