Réfugiés: l'Europe "s'est couverte de honte"

15/09/15 à 12:36 - Mise à jour à 12:33

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, a estimé mardi que l'Europe s'était "couverte de honte" après l'échec la veille d'une réunion ministérielle à Bruxelles sur la répartition des réfugiés au sein de l'Union européenne.

Réfugiés: l'Europe "s'est couverte de honte"

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel et Angela Merkel. © AFP

Lundi "soir, l'Europe s'est une nouvelle fois couverte de honte", a déclaré lors d'une conférence de presse M. Gabriel, qui est aussi ministre de l'Economie de la chancelière Angela Merkel.

"Ce que nous avons vécu (lundi) soir menace l'Europe encore plus que la crise grecque", a-t-il martelé. "Et si nous ne nous mettons pas d'accord, alors les prévisions budgétaires européennes ne seront plus à moyen terme que du vent".

"L'Allemagne n'est pas prête à être en Europe, pour ainsi dire, le payeur (...) Tous participent quand ils reçoivent l'argent, mais plus personne quand il s'agit de prendre des responsabilités. Si ça continue ainsi, c'est la fin des conditions de financement actuelles", a déploré M. Gabriel.

Lundi, le vice-chancelier avait affirmé que l'Allemagne, qui a réintroduit dimanche les contrôles à ses frontières, s'attendait désormais à accueillir un million de migrants et réfugiés en 2015, loin devant les 800.000 jusqu'à présent officiellement avancés.

Un peu plus tôt, son collègue de l'Intérieur, Thomas de Maizière, avait suggéré de réduire les fonds structurels versés par l'UE aux pays qui rejettent les quotas de répartition.

"Nous devons parler de moyens de pression", a-t-il dit à la chaîne publique allemande ZDF. Les pays qui refusent la répartition par quotas "sont souvent des pays qui reçoivent beaucoup de fonds structurels" européens, a relevé M. de Maizière.

Les 28 Etats membres de l'UE, réunis en urgence lundi soir à Bruxelles, n'ont pas réussi à trouver un accord sur la répartition contraignante de 120.000 réfugiés. La Hongrie, la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, notamment, ont refusé la répartition par le biais de quotas, selon le ministre de l'Intérieur français Bernard Cazeneuve.

Avec AFP

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