RDC : Kabila se rend sur les lieux du drame

05/07/10 à 12:00 - Mise à jour à 12:00

Source: Le Vif

Le président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, a quitté Kinshasa aujourd'hui pour Sange, trois jours après l'explosion d'un camion-citerne qui a fait 238 morts dans cette ville de l'est du pays. Le chef de l'Etat va "consoler" la population après le drame de vendredi, a déclaré à l'AFP une source à la présidence, sous couvert d'anonymat.

RDC : Kabila se rend sur les lieux du drame

© Reuters

Dans une déclaration lue dimanche à la radio télévision nationale, Joseph Kabila avait décrété deux jours de deuil national à compter de lundi, "en mémoire des frères et soeurs ainsi arrachés brutalement à notre affection". Certains drapeaux étaient en berne lundi matin à Kinshasa, notamment ceux des édifices publics.

Au moins 238 personnes, dont une soixantaine d'enfants, réunies pour regarder le Mondial de football, ont péri brûlées et une centaine ont été blessées vendredi dans l'est de la République démocratique du Congo, en voulant récupérer l'essence d'un camion-citerne accidenté qui a explosé.

Le drame s'est noué vers 18h00, heure locale, quand un camion-citerne, qui roulait probablement trop vite, s'est renversé sur le bas-côté de la route traversant le centre de la ville de Sange.

Blessé, le chauffeur du camion "a pu sortir de la cabine et a dit aux gens de s'éloigner parce qu'il y avait un risque d'explosion", a raconté samedi à l'AFP Tondo Sahizira, 28 ans, enseignant dans cette agglomération d'environ 50.000 habitants. "De l'essence commençait à sortir du camion, mais les gens, au lieu de fuir, sont venus récupérer le carburant. Quelques minutes après, il y a eu une explosion, du feu est sorti du camion et s'est propagé autour très rapidement. Des gens ont brûlé sur le champ. D'autres qui voulaient fuir ont été rattrapés par le feu et réduits en cendres", a-t-il témoigné.

Le feu s'est également propagé à une vingtaine d'habitations, construites en majorité en terre et recouvertes de paille ou de tôle, et qui ont brûlé. "Nous sommes à plus de 230 morts et 105 blessés", a déclaré samedi en début d'après-midi le gouverneur de la province du Sud-Kivu, Marcellin Cishambo, qui s'est rendu sur les lieux du drame.

L'élu n'a pas donné de précisions sur l'identité des victimes, mais selon la Croix-Rouge Congolaise au Sud-Kivu, présente à Sange, une soixantaine d'enfants ont péri dans l'accident. "Les morts étaient en majorité des téléspectateurs qui suivaient le match de la coupe du Monde entre le Brésil et la Hollande dans une salle de cinéma. Personne n'est sorti vivant de cette salle", selon le gouverneur. "Beaucoup ont été surpris et n'ont pu se sauver. Il y avait des enfants. C'est terrible! ", a témoigné Mbaka Munyerere, 54 ans, membre d'une association d'une commune voisine.

Les blessés ont été acheminés vers les hôpitaux de Bukavu, le chef-lieu de la province, à 70 km au nord de Sange, et d'Uvira, à une trentaine de km au sud.

Parmi les blessés, "trente qui ont été brûlés au 3e ou 4e degré ont été transportés par hélicoptère de l'ONU à Bukavu. Une soixantaine d'autres sont soignés sur place au centre hospitalier de Sange", a précisé James Raynolds, responsable du Comité international de la Croix-Rouge en RDC.

Outre un hélicoptère et des ambulances pour le transport des blessés, la Mission de l'ONU pour la stabilisation de la RDC (Monusco) a "déployé des équipes et des équipements sur place" à Sange, a indiqué la mission dans un communiqué.

Les secours ont été organisés par les services médicaux de Sange, de l'armée congolaise et du contingent pakistanais de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco), basé à Sange, a précisé le gouverneur Cishambo.

L'accident du camion-citerne serait dû "à un excès de vitesse", a indiqué un policier sous couvert d'anonymat. Selon une habitante, la route étroite est aussi très dangereuse, et souvent les camions fauchent des personnes ou du bétail.

Recouverts d'une bâche blanche, la plupart des corps des victimes étaient alignés près du camion-citerne couché sur un flanc, totalement calciné, et d'où sortait encore quelques flammes, constatait un correspondant de l'AFP samedi dans la matinée.

Le Vif.be, avec Belga

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