Rachid Nekkaz : un millionnaire au service des "causes perdues"

18/08/11 à 11:22 - Mise à jour à 11:22

Source: Le Vif

L'homme d'affaires français, connu pour ses coups médiatiques, a fait parler de lui ces derniers jours en payant les amendes de deux jeunes filles ayant porté le niqab dans des lieux publics en Belgique. Portrait d'un millionnaire, à la défense des "causes perdues".

Rachid Nekkaz : un millionnaire au service des "causes perdues"

© Belga

Cheveux mi-longs, tempes grisonnantes et chemise blanche, son look que certains comparent à Bernard-Henri Lévy lui donne un air décontracté.

A 39 ans, Rachid Nekkaz, fils d'immigrés algériens et musulman laïc, se fait l'homme de grandes causes. D'origine modeste, le "justicier fantasque" a fait fortune en investissant dans les nouvelles technologies dans les années 2000, puis dans l'immobilier.

Renforcé par sa "sucess story", le millionnaire accumule les coups médiatiques depuis quelques années. Devenu un habitué de l'exercice, il met son pouvoir financier au service des causes qu'il défend et tente de secouer les pouvoirs en place.

Son dernier combat en date, l'association "Touche pas à ma Constitution" est destinée à protéger les libertés fondamentales menacées.

Dès juillet 2010, et via cette association dont il est le porte-parole, Rachid Nekkaz a créé un fonds d'un million d'euros destinés à payer les amendes de femmes condamnées car elles portaient le niqab (voile intégral) dans la rue. Le 23 juillet dernier, date d'entrée en vigueur de la loi belge interdisant le port du niqab dans les lieux publics, il annoncé publiquement qu'il viendrait dans notre pays afin de payer les amendes qui en découleraient (voir vidéo ci-dessous).

C'est maintenant chose faite, le millionnaire s'est rendu à Bruxelles hier dans la matinée, muni de deux chèques de 50 euros, prix de l'amende dûe par deux jeunes filles portant le voile intégral. "Dans toutes les démocraties, la liberté dans la rue c'est sacré. Car la rue, c'est le patrimoine universel de la liberté et on n'a pas le droit d'y toucher", a-t-il déclaré sur RTL-Tvi. Paradoxalement, ce laïc convaincu est pourtant contre le port du niqab dans les lieux publics fermés.

Ses (autres) combats La liberté des musulmanes de porter le voile intégral en rue n'est pas la seule cause défendue par Rachid Nekkaz. En 2010, à la veille de Noël, le riche et fantasque personnage a offert en location (un euro suymbolique par an) un terrain de 16 hectares à une communauté de Roms en Auvergne, en France.

Pour lui, c'était une occasion supplémentaire de gêner le pouvoir français. "J'avais envie de titiller le Ministre de l'Intérieur (ndlr : Brice Hortefeux à l'époque), qui a pris la fâcheuse habitude de traiter certaines catégories de la population avec mépris. (...) J'ai décidé de réagir en menant une action concrète et j'espère bien que cela fera boule de neige."

Son esprit de contradiction envers le monde politique français ne s'arrête pas là, Rachid Nekkaz a également par deux fois été candidat à la présidence française.

En 2007, il vendait sa maison pour financer une campagne électorale qui finalement n'a pas abouti, son parti, Rassemblement Social-Démocrate, ayant manqué de soutien.

L'homme d'affaires ne s'est pas découragé pour autant puisqu'il s'est également porté candidat aux primaires du parti socialiste pour les élections présidentielles de 2012. Mais au sein même du PS, il est qualifié d' "hurluberlu" et le service de presse assure que "personne ici ne connaît ce monsieur, ni ne souhaite s'exprimer sur le sujet". Visiblement gênant, le Rachid Nekkaz...

D'autant plus gênants sont ses propos au sujet de la primaire socialiste, qu'il qualifie de "suffrage censitaire". Pour marquer son désaccord avec la mesure qui consiste à demander un euro par votant, à Lille, le millionnaire a choisi de donner un euro de sa poche à quiconque lui présentera sa carte d'électeur.

Nouveau coup médiatique donc pour celui que l'on appelle le "justicier fantasque". Et il semble que l'homme d'affaires n'est pas prêt de s'arrêter en si bon chemin...

Am.R. (stg)

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