Quiconque manifeste contre l'offensive turque "paiera un prix élevé"

21/01/18 à 14:25 - Mise à jour à 14:28

Source: Afp

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé dimanche que ceux qui manifesteraient publiquement à l'appel de milieux pro-kurdes contre l'offensive menée par Ankara dans le nord de la Syrie paieraient "un prix très élevé".

Quiconque manifeste contre l'offensive turque "paiera un prix élevé"

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"Voyez maintenant (...), le HDP (principal parti prokurde de Turquie) appelle mes frères kurdes à manifester. Jusqu'à présent, peu d'entre eux sont sortis dans la rue", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours à Bursa (nord-ouest).

"Je vous le dis: attention ! Si certains suivent ces appels (à manifester) et commettent l'erreur de sortir dans la rue, ils paieront un prix très élevé", a averti M. Erdogan, au deuxième jour d'une offensive d'Ankara contre une milice kurde dans le nord de la Syrie.

"C'est une lutte nationale, et nous écraserons quiconque s'oppose à cette lutte nationale", a poursuivi le chef de l'Etat.

Terminer "en très peu de temps"

Par ailleurs, le président turc a dit un peu plus tôt espérer que l'offensive lancée par Ankara dans le nord de la Syrie contre une milice kurde serait terminée "en très peu de temps".

"Si Dieu le veut, nous terminerons cette opération en très peu de temps", a déclaré lors d'un discours à Bursa (nord-ouest) M. Erdogan, qui s'exprimait pour la première fois depuis le lancement, samedi, d'une offensive turque contre les Unités de protection du peuple (YPG) dans la région d'Afrine.

Le Premier ministre Binali Yildirim, cité par les médias, a affirmé que des soldats turcs étaient entrés dimanche matin en Syrie dans le cadre de cette opération qui a débuté samedi soir avec des bombardements de l'aviation.

"Nous sommes restés en contact toute la nuit avec le Premier ministre (Yildirim) et le chef d'état-major (Hulusi Akar)", a déclaré M. Erdogan, appelant ses concitoyens à "prier" pour les soldats qui prennent part à l'offensive.

La Turquie accuse les YPG d'être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux et qui mène une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.

Mais les YPG sont aussi l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les Etats-Unis pour combattre le groupe Etat islamique dans le nord de la Syrie.

"Vous êtes suivis à la trace"

Le chef de l'Etat turc a par ailleurs mis en garde le principal parti prokurde de Turquie, le HDP, contre toute tentative d'organiser des manifestations d'opposition à l'offensive.

"Laissez-moi vous dire ceci : vous êtes suivis à la trace", a lancé M. Erdogan, ajoutant : "Quelle que soit la place (publique) où vous sortirez, nos forces de sécurité seront sur vous".

Des responsables du HDP ont vivement dénoncé l'offensive turque, accusant Ankara de vouloir "occuper" des zones contrôlées par les Kurdes dans le nord de la Syrie.

M. Erdogan accuse régulièrement le HDP, qui dément, de n'être que la vitrine politique du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux et qui mène une sanglante guérilla en Turquie depuis 1984.

Dans la foulée de la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016, une dizaine de députés du HDP, dont ses deux dirigeants, ont été incarcérés.

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