Qui bombarde les civils en Syrie ? Pointé du doigt par la Turquie, le Kremlin nie

16/02/16 à 13:50 - Mise à jour à 13:53

Source: Afp

Des dizaines de civils ont été tués lundi dans des frappes aériennes en Syrie. Tandis que le Premier ministre turc dénonce les " bombardements russes ", le Kremlin nie en être l'origine.

Qui bombarde les civils en Syrie ? Pointé du doigt par la Turquie, le Kremlin nie

© REUTERS

Lundi, près de 50 civils, dont des enfants, ont été tués dans des frappes aériennes menées à Idleb et Alep, attribuées par l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) à la Russie. Médecins Sans Frontières (MSF) a annoncé de son côté que sept personnes au moins avaient été tuées et que huit autres étaient portées disparues à la suite du tir contre l'hôpital syrien qu'il soutient dans la région de Maaret al-Noomane, à 280 km au nord de Damas.

Ces attaques ont été fermement condamnées par l'ONU, l'Union européenne , la France et les Etats-Unis. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a tonné contre "des violations flagrantes du droit international", sans attribuer la responsabilité des tirs de missiles.

La Turquie accuse la Russie

Pour le Premier ministre turc, cela ne fait aucun doute. Ahmet Davutoglu a dénoncé avec véhémence mardi les bombardements aériens menés par la Russie en Syrie, qu'il a qualifiés de "barbares", "lâches" et "cruels". Il accuse les Russes de ne faire "aucune distinction entre les civils, les enfants et les militaires".

En visite lundi en Ukraine, Ahmet Davutoglu avait déjà accusé la Russie de se comporter en Syrie comme une "organisation terroriste forçant la population civile à fuir" et promis de lui opposer une "riposte extrêmement résolue".

Ankara et Moscou traversent une grave crise diplomatique depuis que l'aviation turque a abattu fin novembre un bombardier russe le long de la frontière turco-syrienne.

Le Kremlin nie

Le Kremlin s'en est défendu. "Nous démentons catégoriquement de telles allégations d'autant plus que ceux qui font de telles déclarations ne parviennent jamais à les prouver", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Selon Peskov, il faut "remonter à la source originale et pour nous dans ce cas, la source première d'informations sont les représentants officiels syriens". Ceux-ci "ont fait un certain nombre de déclarations sur ce sujet, où ils ont réitéré leurs positions sur qui pourrait être derrière ces bombardements", a-t-il déclaré.

L'ambassadeur syrien à Moscou avait ainsi accusé lundi soir l'aviation américaine d'avoir "détruit" un hôpital soutenu par MSF dans la région d'Idleb, assurant que "les renseignements recueillis" montraient que "l'aviation russe n'a rien à voir avec tout ça".

"Peu d'espoir" pour la paix en Syrie

Sans pour autant évoquer précisément les faits qui se sont produits lundi, le président du Conseil européen Donald Tusk se questionne de manière plus générale sur les bombardements russes. "Les bombardements russes laissent peu d'espoir pour la paix en Syrie", a-t-il déclaré. "Le régime d'Assad est renforcé, l'opposition modérée affaiblie, et l'UE inondée par de nouvelles vagues de réfugiés".

Avec AFP

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