Que s'est-il passé cette semaine en Ukraine ?

28/02/14 à 12:25 - Mise à jour à 12:25

Source: Le Vif

Devant une situation tendue et qui évolue sans cesse, voici le déroulement des évènements de la semaine.

Que s'est-il passé cette semaine en Ukraine ?

© Reuters

Les manifestations ont commencé il y a trois mois, le 21 novembre 2013, suite à l'arrêt unilatéral des négociations avec l'Europe par l'ex président d'Ukraine Viktor Ianoukovitch. Depuis une semaine, la situation évolue de jour en jour, voire d'heure en heure. Au point de paraitre un peu confuse. Retour sur une semaine historique pour l'Ukraine.

Un week-end riche en rebondissements Vendredi dernier l'Union Européenne force un compromis entre Viktor Ianoukovitch et l'opposition. L'accord porte sur le court terme tel que l'application de la constitution de 2004 dans les 48h. Ce compromis semble, dans un premier temps, sauver le président. Les parlementaires votent aussi la libération de Ioulia Tymochenko . Cela ne va pourtant pas impressionner les manifestants de Kiev qui continuent d'exiger le départ pur et simple du président. Vendredi soir, la rumeur circule que le président aurait fui l'Ukraine alors qu'au même moment est diffusé un message officiel où on le voit dénoncer un coup d'État et dire qu'il ne démissionnera pas. Les forces de l'ordre sont du côté des manifestants, la police souhaite un changement rapide. Le parlement réuni en urgence décide alors de démettre le président de ses fonctions. A ce moment, on ne sait toujours pas vers quel endroit le président a fui. Oleksandr Tourtchynov est pressenti comme président par intérim afin d'entamer les pourparlers avec l'Europe. Le parlement décide que des élections anticipées prendront place le 25 mai jour des élections européennes.

... Et une semaine mouvementée

Lundi - Un mandat d'arrêt est émis contre le président Viktor Ianoukovitch pour meurtre de masses sur ses concitoyens. Le même jour, la Russie menace d'augmenter les droits de douane sur les importations en provenance d'Ukraine si Kiev se rapproche de l'Union européenne. La Russie estime d'ailleurs que reconnaître le nouveau pouvoir est une aberration. Celle-ci s'est d'ailleurs prononcée contre la tenue d'une élection présidentielle anticipée le 25 mai en Ukraine, estimant que cela allait à l'encontre de l'accord de sortie de crise signé à Kiev la semaine dernière.

Mardi - L'ex-champion du monde de boxe et co-dirigeant de la contestation Vitali Klitschko annonce qu'il sera candidat à la présidentielle anticipée.

Mercredi - On dissout les forces spéciales antiémeutes Berkout. Ces derniers ont été le fer de lance de la répression contre les opposants en Ukraine et des images les montrent en train de tirer à balles réelles sur la foule.

Au même moment, le président russe Vladimir Poutine ordonne une inspection-surprise des troupes des districts militaires de l'Ouest, non loin de l'Ukraine, et du Centre pour vérifier leur aptitude au combat. Il renforce aussi la protection de sa flotte en Crimée.

Durant ce temps, de brefs affrontements opposent des manifestants pro-russes et des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes à Simféropol, la capitale de la république autonome russophone de Crimée qui est en proie à des tensions séparatistes. Le chef du parlement local exclut pourtant tout débat sur une éventuelle sécession. L'OTAN met discrètement en garde contre les tentations séparatistes que pourrait soutenir la Russie en se disant pour le respect de la souveraineté et l'indépendance de l'Ukraine.

Pendant ce temps, le conseil du Maïdan, qui rassemble les leaders politiques de la contestation ukrainienne, de la société civile et des groupes radicaux, annonce que c'est le pro-européen Arseni Iatseniouk qui est désigné comme Premier ministre. Ce dernier précise dans la foulée qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle de mai.

Jeudi - Des hommes armés non identifiés ont pris possession du parlement et du gouvernement de Crimée à Simferopol. Les pro-russes réclament la tenue d'un référendum sur le statut de la Crimée. Le responsable des Tatars de Crimée dénonce un "plan de Moscou" et qualifie de "terroristes" les membres du commando armé. Le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski lance une mise en garde contre "un jeu très dangereux" en Crimée où des hommes armés pro-russes se sont emparés de bâtiments officiels. Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, exhorte la Russie à éviter toute action "pouvant être mal interprétée" dans la crise ukrainienne, tandis que le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, appelle toutes les parties à éviter l'"escalade".

Toujours jeudi on apprend que Viktor Ianoukovitch est en Russie et qu'il se considère toujours comme le président d'Ukraine et dénonce "l'arbitraire" régnant dans le pays. La Russie assure sa sécurité pour l'instant selon une source proche du pouvoir. Il doit tenir une conférence de presse vendredi à 13H00 GMT à Rostov-sur-le-Don, ville russe proche de la frontière ukrainienne. Depuis samedi Ianoukovitch était resté introuvable.

Vendredi - Dans la nuit de jeudi à vendredi, des hommes armés pénètrent dans les aéroports de Simferopol, chef-lieu de la Crimée et de Sébastopol. Soit quelques heures après qu'un commando pro-russe a pris possession du parlement local de Simferopol, qui avait voté peu après à huis clos la tenue en mai d'un référendum pour plus d'autonomie dans cette région du sud de l'Ukraine. Le ministre ukrainien de l'Intérieur par intérim, Arsen Avakov, qualifie ces forces russes "d'invasion armée et d'occupation" et en appelle les États-Unis et la Grande-Bretagne à garantir sa souveraineté.

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