Quand les trésors de Bagdad furent pillés de fond en comble

17/08/16 à 14:31 - Mise à jour à 14:31

Source: Le Vif/l'express

En avril 2003, trois jours ont suffi pour que le musée national d'Irak soit pillé de fond en comble. Un véritable massacre culturel qui a contribué à disperser la mémoire de l'humanité. Treize ans plus tard, tout porte à croire que plus de 9 000 oeuvres d'art essentielles à la compréhension du monde ont été sacrifiées sur l'autel du néo-libéralisme. Récit.

" Pouvez-vous nous préciser quel est l'emplacement exact du musée national d'Irak ? " McGuire Gibson ôte ses lunettes et se frotte le visage dans les mains. L'e-mail qu'il vient de recevoir le laisse sans voix. Seul dans son bureau lambrissé, il n'a pas la force d'articuler le " Oh my God ! " qui lui résonne dans le cerveau depuis qu'il a ouvert le fatidique courriel. Le professeur d'archéologie mésopotamienne de l'université de Chicago tente de se reprendre en relisant plusieurs fois la missive électronique à la recherche d'un détail qui lui aurait échappé. Il a beau parcourir l'écran en tous sens, rien pour corriger l'atroce impression de s'être fait gruger comme jamais dans son existence. Une sueur froide lui parcourt l'échine. Du regard, il cherche l'une des reproductions fétiches qui ornent le mur de son cabinet : une tablette cunéiforme d'Ourouk. Depuis qu'il enseigne à Chicago, il ne se passe pas un jour sans qu'il s'arrête de longues minutes sur ce poster en quadrichromie qui représente une trace unique plongeant aux origines de l'écriture. Ces pierres gravées datant d'environ 3 500 ans avant Jésus-Christ confirment que cette cité mésopotamienne du sud de l'Irak, que l'on n'appelle plus aujourd'hui " Ourouk " mais " Warka ", est bien l'endroit où a surgi l'expression écrite comme le suggèrent certains récits légendaires sumériens. " Quel gâchis ! ", finit-il par murmurer pour lui-même.
...

Vous souhaitez continuer à nous lire?

Inscrivez-vous afin de pouvoir lire 4 articles gratuits par mois.

Nos partenaires