Quand Benoit XVI revendiquait le droit à la démission

11/02/13 à 15:05 - Mise à jour à 15:05

Source: Le Vif

L'annonce de la renonciation du pape Benoit XVI a surpris le monde entier. Pourtant, cette décision est tout à fait prévue par le droit canon. Le souverain pontife avait d'ailleurs préparé les esprits à cette éventualité. Explications.

Quand Benoit XVI revendiquait le droit à la démission

© Reuters

L'annonce de la démission du pape Benoît XVI a surpris tout le monde. Il faut dire que l'Eglise n'avait pas vu cela depuis 600 ans. Et les exemples de papes malades ou affaiblis exerçant jusqu'au bout leur mission sont nombreux. Mais la démission du souverain pontife est bien prévue par le droit canon Explications.

La démission papale est en effet inscrite dans le Code de Droit Canonique de 1983 (canon 332 alinéa 2) et le Code des canons des Eglises orientales de 1991 (canon 44 alinéa 2). Seule condition: il faut qu'elle soit décidée librement : "S'il arrive que le Pontife Romain renonce à sa charge, il est requis pour la validité que la renonciation soit faite librement et qu'elle soit dûment manifestée, mais non pas qu'elle soit acceptée par qui que ce soit."

La loi canonique ne précise pas qu'une personne ou un organisme particulier doive être préalablement mis au courant de cette décision. Le pape peut donc l'annoncer à l'Eglise entière ou même publiquement. Certains estiment néanmoins qu'au moins le doyen du Collège des cardinaux doit être informé par le pape car les cardinaux sont ensuite chargés d'élire son successeur et doivent donc obtenir la certitude de sa décision de démissionner.

La dernière démission d'un pape fut celle de Grégoire XII qui, en 1415, choisit d'abandonner ses fonctions pour mettre fin au Grand Schisme d'Occident. Avant de rendre publique sa décision, il convoqua le Concile de Constance et l'autorisa à élire son successeur.

Benoît XVI avait préparé les esprits

Dès novembre 2010, dans son livre-entretien Lumière du monde, le pape Benoît XVI affirmait : ''Si un pape se rend compte clairement qu'il n'est plus capable, physiquement, psychologiquement et spirituellement, d'accomplir les tâches inhérentes à sa fonction, alors il a le droit et, dans certaines circonstances l'obligation, de démissionner". Une idée qu'il avait déjà exprimée avant même d'accéder à la papauté.

Il vient donc de prendre sa décision en se disant " parvenu à la certitude que (ses) forces, en raison de l'avancement de (son) âge, ne sont plus aptes à exercer de façon adéquate " ses fonctions papales. Malgré tout, les implications canoniques et pratiques de la démission d'un souverain pontife ou d'un pape incapable d'accomplir sa mission sont nombreuses. Le père Federico Lombardi a annoncé que le pape " renoncera à son ministère à 20 heures (19H GMT) le 28 février. Commencera alors la période de 'sede vacante' (vacance du siège) ". La vacance du Saint-Siège correspond à la période entre le décès ou la démission du pontife romain et l'élection de son successeur. Durant cette période, le Saint-Siège est administré par la régence du Collège des cardinaux et son doyen, le cardinal camerlingue.

Samuel Baudoui

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