Protestations de médias audiovisuels critiqués pour leur couverture des attentats de Paris

13/02/15 à 21:38 - Mise à jour à 21:38

Source: Belga

Plusieurs rédactions de télévisions et radios françaises ont vivement protesté vendredi contre les critiques émises par le Conseil supérieur de l'audiovisuel sur leur couverture des attentats de Paris en janvier, s'inquiétant d'un risque de censure qui ne profitera selon elles qu'aux rumeurs sur les réseaux sociaux.

Protestations de médias audiovisuels critiqués pour leur couverture des attentats de Paris

© screenschot BFMTV

Après avoir analysé 500 heures de programmes, le gendarme de l'audiovisuel a adressé jeudi à seize médias 36 avertissements pour avoir révélé pendant leurs directs des informations sensibles susceptibles, selon lui, de menacer la vie des otages. Ces avertissements ont été assortis de menace d'amendes ou autres sanctions en cas de récidive.

"Dans aucun pays démocratique confronté à des situations similaires, une instance d'État n'est allée aussi loin dans la volonté de s'ériger en guide tutélaire", a dénoncé le syndicat national des journalistes, s'inquiétant d'un "bâillon aux rédactions".

Les rédactions de six chaînes de télévision et de radio (France 2, BFMTV, RTL, iTELE, France 24 et RMC) ont dénoncé dans un communiqué commun l'"injonction au silence" du CSA, qualifiant sa réaction de "volonté de mise au pas", "clairement attentatoire à la liberté d'informer".

Elles estiment que par ses avertissements, le CSA "déroule le tapis rouge aux fausses informations, aux théories complotistes qui fleurissent déjà sur les réseaux sociaux, loin des regards et des compétences des Sages" du CSA.

Radio France International, Europe 1 et la chaîne privée TF1 se sont également indignées, appelant le CSA à "respecter l'indépendance des journalistes et la liberté d'informer".

Le gendarme de l'audiovisuel a notamment regretté que 13 médias aient annoncé en direct le 9 janvier que des affrontements avaient éclaté dans le nord de la France entre les forces de l'ordre et les frères Kouachi, auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo deux jours plus tôt (12 morts).

Le CSA a estimé que ces informations auraient "pu avoir des conséquences dramatiques pour les otages" retenus au même moment par le jihadiste Amédy Coulibaly dans l'est de Paris, dont l'attaque a fait quatre morts.

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