Programme nucléaire iranien: visite "test" pour l'AIEA

31/01/12 à 08:39 - Mise à jour à 08:39

Source: Le Vif

Alors que l'Union européenne vient de décider de nouvelles sanctions contre l'Iran, l'AIEA, qui a souligné en novembre 2011 une "possible dimension militaire", du programme nucléaire iranien est à Téhéran pour tenter d'en éclaircir les zones d'ombres

Programme nucléaire iranien: visite "test" pour l'AIEA

© AFP

Une viste "test". Une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a entamé dimanche une visite de trois jours en Iran, pour tenter d'éclaircir les zones d'ombre du programme nucléaire iranien. L'AIEA espère ainsi que Téhéran accepte de répondre aux questions sur une "possible dimension militaire" de son programme nucléaire, a déclaré le chef des inspecteurs de l'AIEA, le Belge Herman Nackaerts, avant son départ. Le dernier rapport de l'AIEA sur l'Iran, dont la plupart des installations sont sous contrôle de l'agence, avait souligné en novembre 2011, son inquiétude à ce sujet, entraînant en janvier de nouvelles sanctions occidentales sévères contre Téhéran.

L'Iran, qui dénonce systématiquement depuis des années les rapports selon lui "biaisés" et "politisés" de l'agence onusienne à son égard, a prévenu de son côté que cette visite constituait un "test pour l'AIEA". "Nous attendons que l'Agence corrige son attitude et fasse un travail technique, ce qui pourra ouvrir la voie à plus de coopération", a déclaré le président du Parlement, Ali Larijani. "Mais si elle dévie et se transforme en instrument, alors l'Iran devra réfléchir" à ses relations avec l'AIEA, qui supervise la plupart des sites nucléaires iraniens dans le cadre du Traité de non prolifération, a-t-il prévenu.

L'agence officielle IRNA a annoncé que les inspecteurs visiteraient "probablement le site de Fordow", près de Qom, où se trouve la deuxième usine d'enrichissement d'uranium du pays. L'entrée en service de ce site début janvier, avait provoqué une avalanche de critiques dans les pays occidentaux mais aussi en Russie, où les autorités ont exprimé leur "inquiétude".

Une réponse à l'UE dans les prochains jours

"Je suis plein d'espoir et très optimiste pour ce déplacement d'une haute délégation de l'AIEA en Iran", a déclaré le chef de la diplomatie iranienne Ali Akbar Salehi, niant une nouvelle fois que l'Iran soit en train de développer un arsenal nucléaire et ajoutant que son pays n'a "rien à cacher". "La durée de la mission est de trois jours mais s'ils le veulent elle pourrait être prolongée" a-t-il ajouté.

Ali Akbar Salehi a par ailleurs réaffirmé que Téhéran allait répondre "dans les prochains jours" à une lettre envoyée en octobre par la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, pour proposer à Téhéran de reprendre des négociations "sérieuses" avec les grandes puissances sur son dossier nucléaire.

Et le Parlement iranien a annoncé dimanche qu'il n'allait finalement pas discuter d'une éventuelle interdiction de la vente de pétrole à l'Europe, comme cela était prévu, en réponse à l'embargo décidé par l'Union européenne contre Téhéran. Le ministre du Pétrole a cependant affirmé que les exportations vers "certains" pays pourraient "bientôt" cesser.

Les nouveaux contrats pétroliers avec l'Iran ont été interdits par l'UE avec effet immédiat, mais les pays les plus dépendants ont jusqu'au 1er juillet pour annuler les contrats existants afin de trouver d'autres fournisseurs. Deuxième pays de l'Opep, l'Iran produit exporte environ 20% de son pétrole vers des pays de l'UE, essentiellement l'Italie, l'Espagne et la Grèce.

LeVif.be avec L'Express

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