Procès Outreau : Daniel Legrand de nouveau acquitté

05/06/15 à 15:23 - Mise à jour à 16:32

Source: Belga

Daniel Legrand, l'un des acquittés d'Outreau qui était jugé depuis le 19 mai dans l'un des derniers volets du dossier, a été acquitté vendredi par la cour d'assises des mineurs d'Ille-et-Vilaine, suivant les réquisitions de l'avocat général qui avait défendu "l'innocence" de l'accusé.

Procès Outreau : Daniel Legrand de nouveau acquitté

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Ce nouveau procès, qui se tenait à Rennes (ouest) depuis le 19 mai, avait été décidé pour une question de droit. Daniel Legrand avait été blanchi en 2005 dans la même affaire, mais seulement pour les actes qu'il était censé avoir commis après sa majorité. Il répondait cette fois d'accusations remontant à son adolescence.

Au terme de plus de cinq heures de délibération, il a été acquitté suivant les réquisitions de l'avocat général qui avait défendu "l'innocence" de l'accusé. Lors du procès, trois des quatre frères Delay violés dans leur enfance par leurs parents et un couple de voisins -condamnés pour ces faits en 2004- avaient désigné pour la première fois Daniel Legrand comme agresseur.

Dans son réquisitoire, l'avocat général a estimé que leurs accusations étaient le fruit de "souvenirs reconstruits", résultant des traumatismes vécus. "C'est les respecter aujourd'hui que de leur dire qu'ils se trompent", avait-il clamé. L'un d'eux, Jonathan Delay, s'est dit "un peu sous le choc" après l'énoncé du verdict. "Je me promenais avec un poids depuis 10 ans et je l'ai déposé à la barre", a-t-il ajouté.

Le dossier d'Outreau avait éclaté en février 2001 et pris une ampleur considérable quand les fils Delay et leur mère avaient mis en cause des dizaines de personnes, laissant croire à un vaste réseau de pédophilie dans cette petite ville populaire du nord de la France. Après deux procès en 2004 et 2005, l'afaire avait débouché sur l'acquittement de 13 inculpés sur 17, dont certains avaient passé jusqu'à trois ans en détention provisoire.

L'issue de ce fiasco accablant pour la justice, accusée de multiples errements dans l'instruction, avait amené le président français de l'époque, Jacques Chirac, à présenter "regrets et excuses" aux acquittés, indemnisés.

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