Procès Breivik : renvoi d'un juge après des doutes sur son impartialité

17/04/12 à 09:05 - Mise à jour à 09:05

Source: Le Vif

Le tribunal d'Oslo a renvoyé un des cinq juges censés juger Anders Behring Breivik pour des propos semant le doute sur son impartialité. Anders Behring Breivik doit s'expliquer ce mardi devant le tribunal d'Oslo. Un témoignage qui devrait être très dur à entendre, ont prévenu ses avocats.

Procès Breivik : renvoi d'un juge après des doutes sur son impartialité

© Image Globe

En entrant dans le prétoire Breivik a de nouveau fait son salut extrémiste sitôt libéré de ses menottes au début de cette nouvelle journée de son procès qui a débuté peu après 09H00.

Mais la séance a été immédiatement suspendue pour 30 minutes, le tribunal souhaitant examiner la compétence à siéger d'un des cinq juges qui est récusé par la défense, les parties civiles et l'accusation.

Un des trois citoyens norvégiens désignés pour assister les deux juges professionnels dans le procès avait en effet réclamé la peine de mort contre l'accusé dans un commentaire publié sur le site d'un journal après les attentats, a rapporté mardi une revue norvégienne.

"La peine de mort est la seule solution juste dans cette affaire!!!!!!!!!!", a réagi cet homme sur le site du tabloïd Verdens Gang (VG), au lendemain du double attentat ayant fait 77 morts, selon la revue antiraciste Vepsen (La Guêpe) qui reproduit la page internet en question.

Un témoignage qui devrait être très dur

Anders Behring Breivik, l'extrémiste de droite qui reconnaît avoir tué 77 personnes l'an dernier en Norvège, va s'expliquer ce mardi devant le tribunal d'Oslo, un témoignage qui devrait être très dur à entendre, ont prévenu ses avocats.

L'intervention de l'accusation, lundi, a été parsemée de moments forts avec des vidéos montrant l'explosion d'une camionnette piégée près du siège du gouvernement et l'appel de détresse à la police d'une jeune fille coincée sur l'île d'Utoeya alors que retentissent les coups de feu tirés par Breivik.

L'accusé, lui, n'a eu que peu d'occasions de prendre la parole si ce n'est pour récuser la Cour puis pour se déclarer non coupable. "Je reconnais les faits mais je ne reconnais pas ma culpabilité (au sens pénal du terme, ndlr). J'invoque la légitime défense", a-t-il déclaré.

L'accusé pourrait être autorisé à lire un long texte
Mais l'extrémiste de 33 ans va maintenant pouvoir s'expliquer longuement puisque la journée de mardi et les quatre suivantes sont consacrées à son témoignage.

Son avocat Geir Lippestad a notamment demandé la permission qu'il lise un texte, dont la lecture prendrait une trentaine de minutes, une requête sur laquelle le tribunal d'Oslo doit encore statuer. M. Lippestad a aussi de nouveau préparé les esprits en disant qu'il fallait s'attendre à des propos "difficiles" à entendre.

Le 22 juillet 2011, Breivik avait d'abord tué huit personnes en faisant exploser une bombe au pied de la tour qui abrite le siège du Premier ministre travailliste, absent à ce moment-là.

Puis, déguisé en policier, il avait froidement tiré pendant plus d'une heure sur des membres de la Jeunesse travailliste réunis en camp d'été sur l'île d'Utoeya, près d'Oslo, faisant 69 autres victimes, essentiellement des adolescents.

Questions sur la santé mentale de l'accusé
Le principal point d'interrogation du procès qui devrait durer 10 semaines porte sur la santé mentale de l'accusé.

Jugé psychotique et donc pénalement irresponsable par un premier rapport psychiatriques l'an dernier, l'accusé a ensuite été déclaré sain d'esprit par une contre-expertise dont les résultats ont été publiés le 10 avril.

En dernier ressort, il reviendra aux cinq juges de trancher cette délicate question dans leur verdict attendu en juillet.

Si Breivik est reconnu pénalement responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourra ensuite éventuellement être prolongée aussi longtemps qu'il sera considéré comme dangereux.

Dans le cas contraire, il devra subir un traitement psychiatrique dans un établissement fermé, potentiellement à vie.

Levif.be avec L'Express.fr

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