Prêtre français assassiné : un suspect en lien avec les tueurs inculpé

13/08/16 à 10:40 - Mise à jour à 10:39

Source: Belga

Un homme de 21 ans qui avait rendu visite peu avant les faits aux tueurs du prêtre égorgé dans une église en juillet en Normandie, a été mis en examen (inculpé) vendredi par un juge antiterroriste et écroué, a-t-on appris de source judiciaire.

Prêtre français assassiné : un suspect en lien avec les tueurs inculpé

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Le suspect interpellé lundi près de Toulouse (sud-ouest) a été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle", a précisé cette source. Après quatre jours de garde à vue, il a été placé en détention provisoire.

Peu avant l'attentat du 26 juillet, cet homme avait rejoint la région de Rouen (ouest) pour rendre visite aux deux tueurs du père Jacques Hamel, a dit une source proche de l'enquête. Il était entré en contact avec eux via Telegram, messagerie cryptée prisée des jihadistes.

Sans emploi, le suspect, inconnu des services de renseignement, affirme s'être radicalisé rapidement. Aux yeux des enquêteurs, c'est un jeune homme désoeuvré et instable.

C'est par le biais de Telegram qu'il serait entré en contact avec Adel Kermiche qui, avec Abdel Malik Petitjean, a tué le prêtre. Tous deux âgés de 19 ans, vivant à 700 km de distance l'un de l'autre, les tueurs avaient fait connaissance via Telegram quelques jours seulement avant leur passage à l'acte.

Le 26 juillet, ils avaient surgi dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, pris en otages cinq personnes et égorgé le père Hamel en pleine messe, avant d'être abattus par la police. L'assassinat a été revendiqué par l'organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Les enquêteurs sont remontés jusqu'au suspect toulousain parce que les numéros des téléphones portables des deux assaillants figuraient dans les contacts de sa ligne téléphonique, a révélé la source proche de l'enquête.

En garde à vue, il a expliqué aux policiers s'être rendu le 24 juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray pour y suivre un "stage de religion" avec plusieurs personnes, parmi lesquelles les deux tueurs, a poursuivi cette source.

Le jeune homme a raconté avoir passé la nuit sur place mais être reparti le lendemain matin parce que "le contact n'était pas bon", a relaté une source policière. Devant les enquêteurs, il a affirmé avoir quitté Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean sans rien savoir de leur projet djihadiste.

Or, selon une source proche de l'enquête, les enquêteurs le soupçonnent d'avoir eu connaissance du contenu du compte Telegram d'Adel Kermiche qui y a dévoilé le scénario de l'attaque.

Dans cette affaire, un cousin d'Abdel Malik Petitjean, Farid K., avait déjà été mis en examen et écroué le 31 juillet.

En proie à une menace terroriste sans précédent, la France a subi en un mois et demi trois attaques jihadistes, dont celle de Nice le 14 juillet (85 morts), revendiquées par le groupe Etat islamique, plus de six mois après les attentats de Paris et de Saint-Denis en novembre (130 morts).

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