Présidentielle française: débat télévisé inédit des principaux candidats

20/03/17 à 07:38 - Mise à jour à 07:34

Source: Afp

Pour la première fois en France, les cinq principaux candidats à la présidentielle vont débattre lundi soir à la télévision, en espérant se démarquer et convaincre les indécis encore nombreux.

Présidentielle française: débat télévisé inédit des principaux candidats

© BELGAIMAGE

Les deux favoris actuels des sondages pourraient concentrer les flèches de leurs compétiteurs: l'ancien ministre de l'Économie du gouvernement socialiste Emmanuel Macron qui ne se veut "ni de gauche ni de droite" et la présidente du Front national (extrême droite) Marine Le Pen.

Dans le cercle des débatteurs prendront aussi place le conservateur François Fillon, vainqueur surprise de la primaire de la droite, pris, depuis, dans la tourmente des affaires, celui de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon et son rival à gauche, le socialiste Benoît Hamon.

Les six autres "petits" candidats officiels, crédités de très peu d'intentions de vote, seront en revanche privés d'agora, la chaîne TF1 ayant souhaité un débat resserré pour plus de "lisibilité".

En mode défensif ou offensif, les participants chercheront à marquer des points sur trois thèmes -- "Quel modèle de société?", "quel modèle économique?" et "quelle place pour la France dans le monde?" --, après avoir décrit tour à tour (selon un tirage au sort) le "président qu'ils veulent être" en une minute et demie.

A un mois du scrutin à deux tours (23 avril - 7 mai), l'enjeu est notamment de persuader les indécis, perturbés par une campagne parasitée par les affaires, qui a vu la gauche s'éparpiller et bon nombre de schémas traditionnels bousculés: quelque 40% "peuvent encore changer d'avis" et seuls deux tiers des électeurs sont certains d'aller voter au premier tour.

"La campagne de 2017 est insaisissable, scandée par le rythme des +affaires+ réelles ou supposées et incapable, pour l'instant, d'accoucher d'un enjeu fort autour duquel (...) les choix se cristallisent", écrit dans les colonnes du quotidien Le Monde Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po.

Résultat: près de huit Français sur dix (78%) estiment que le débat politique est "plutôt en train de s'appauvrir", selon une enquête du centre de recherches de ce grand établissement, réalisée mi-mars.

'Offensifs à gauche'

Les trois candidats en tête sont en effet impliqués ou cités dans des affaires judiciaires. A commencer par l'ancien favori, François Fillon, qui a vu sa popularité chuter après des révélations sur des emplois fictifs accordés à ses proches notamment.

L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, parti en campagne avec "un souci prioritaire d'exemplarité", a été inculpé mi-mars pour "détournement de fonds publics".

Outre M. Fillon, Marine Le Pen est visée par des affaires d'emplois fictifs et de financement illégal de campagne électorale, tandis qu'une enquête préliminaire a été ouverte sur des soupçons de favoritisme autour d'un déplacement ministériel organisé en janvier 2016 pour Emmanuel Macron, alors à la tête du ministère de l'Économie.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen sont aujourd'hui au coude à coude.

Mais environ la moitié des électeurs d'Emmanuel Macron sont encore incertains de leur vote. Le candidat, qui se veut au centre de l'échiquier, voudra donc démontrer lundi que "le programme de ses adversaires est un programme du siècle dernier, alors que le sien est adapté à aujourd'hui", selon un proche cité par le Journal du Dimanche.

A gauche, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, dont les campagnes marquent le pas, comptent sur la joute télévisée pour les relancer, après avoir organisé ce week-end leurs plus gros rassemblements.

M. Mélenchon a revendiqué 130.000 participants samedi à Paris pour une marche qu'il a conclue place de la République par un discours enflammé, au ton très anti-européen et anti-FN et louant "une insurrection citoyenne contre la monarchie présidentielle".

En réussissant dimanche son rassemblement parisien, avec 20.000 participants, M. Hamon a prononcé un discours vibrant et ancré à gauche.

Il s'est montré très offensif contre ses adversaires, mais aussi ceux qui, dans son propre camp, "voudraient ignorer le vote populaire" de la primaire de la gauche. Pique à l'ancien Premier ministre Manuel Valls, qui n'a pas voulu lui accorder son parrainage.

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