Présidentielle en Russie: Navalny tente d'imposer sa candidature, avec ses soutiens

24/12/17 à 12:41 - Mise à jour à 12:41

Source: Afp

Le principal opposant russe Alexeï Navalny tente d'imposer sa candidature à la présidentielle de mars 2018, dont il a été écarté, pour y défier Vladimir Poutine, et a mobilisé dimanche ses soutiens à travers le pays.

Présidentielle en Russie: Navalny tente d'imposer sa candidature, avec ses soutiens

Alexeï Navalny © AFP

Des milliers de partisans de l'avocat charismatique et blogueur anti-corruption, aux accents parfois nationalistes, se sont rassemblés dans vingt villes du pays pour en faire leur candidat, en présence d'autorités électorales locales.

Alexeï Navalny, 41 ans, a été déclaré en octobre inéligible jusqu'en 2028 par la Commission électorale en raison d'une condamnation de justice pour détournement de fonds, une affaire qu'il juge montée de toutes pièces.

Souhaitant briguer la présidence en tant que candidat auto-désigné, l'opposant a besoin, en vertu de la législation russe, d'être soutenu dans une ville par un groupe d'au moins 500 électeurs pour pouvoir demander à la Commission électorale centrale de l'inscrire sur la liste officielle des candidats.

Avec ces manifestations de soutien, Alexeï Navalny espère faire pression sur la Commission électorale pour que sa candidature soit enregistrée malgré son inéligibilité.

Des rassemblements ont eu lieu dans des villes telles que Vladivostok (Extrême-Orient), Irkoutsk, Krasnoïarsk (Sibérie) et Rostov-sur-le-Don (sud-ouest), mais aussi Moscou et Saint-Pétersbourg (nord-ouest).

A Moscou, ils étaient plus de 700 à soutenir sa candidature en présence de deux membres de la Commission électorale centrale, selon l'équipe de Navalny.

Pour l'opposant, il est hors de question qu'il renonce à présenter sa candidature. "Ne pas nous laisser participer au scrutin est impossible", a-t-il lancé cette semaine sur son blog.

Les autorités électorales russes rétorquent qu'avec la condamnation portée à son encontre, seul "un miracle" lui permettrait d'enregistrer sa candidature.

Vladimir Poutine, 65 ans, a annoncé pour sa part ce mois-ci qu'il présentait sa candidature pour un quatrième mandat.

Pouvoir 'poser les questions difficiles'

A Moscou, l'équipe de Navalny a éprouvé beaucoup de difficultés à trouver des locaux et s'est finalement résolue à ériger une vaste tente dans un parc enneigé sur les bords de la Moskova.

"Un tel homme doit être président ou participer au moins au débat pour poser les questions difficiles", commente Youri Bertchenko sous la tente avec 300 autres partisans de l'opposant.

"Si Navalny n'est pas autorisé à concourir, je ne vote pas", tranche Marina Kourbatskaïa, une retraitée. "Je ne vois personne d'autre que je souhaite voir devenir président", ajoute-t-elle, fustigeant les "mensonges et vols" perpétrés en Russie.

En dépit des problèmes tels que la corruption ou une protection médicale de piètre qualité ou encore un niveau de pauvreté grandissant, les sondages prévoient une très large victoire de Vladimir Poutine, avec des taux d'approbation de 80%.

Nombre de Russes voient en Vladimir Poutine l'homme d'une certaine prospérité, notamment grâce à la manne pétrolière, et celui du retour de la Russie sur la scène internationale.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles Alexeï Navalny ne concourait pas à l'élection, Vladimir Poutine, qui n'a jamais cité le nom de l'opposant en public, a accusé l'opposition de vouloir fomenter un "coup d'Etat", mais que cela était voué à l'échec.

Il a prôné samedi le "respect" de l'opposition "responsable". "Être responsable veut dire avoir un plan clair d'actions positives", a-t-il ajouté simplement.

Alexeï Navalny a de nombreuses fois été condamné par la justice et a connu de courtes périodes de détention cette année pour des manifestations non autorisées.

Il a mené pendant des mois une campagne qui lui a permis de gagner une fidèle base de soutiens, souvent très jeunes, par le biais de vidéos virales exposant la corruption des élites.

Il a également organisé en mars et juin des manifestations d'une ampleur inédite depuis les protestations de 2011 et 2012, qui ont débouché sur des centaines d'arrestations.

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