Présidence de l'UMP : une victoire en demi-teinte pour Nicolas Sarkozy

19/11/12 à 19:15 - Mise à jour à 19:15

Source: Le Vif

A l'UMP, certains estiment que l'ex-chef de l'Etat est le seul gagnant du psychodrame opposant Jean-François Copé et François Fillon. Mais pour ses proches, pas question pour lui de replonger dans la fournaise.

Présidence de l'UMP : une victoire en demi-teinte pour Nicolas Sarkozy

© Reuters

Et si l'élection pour la présidence de l'UMP accouchait de deux vainqueurs autoproclamés -Jean-François Copé et François Fillon- mais d'un seul gagnant : Nicolas Sarkozy. Pour un parti autrefois majoritaire qui entendait profiter de ce congrès pour tourner la page du précédent quinquennat, c'est raté: quel que soit le résultat final, aucun des deux candidats ne pourra s'appuyer sur un large soutien au sein du parti. Dès les premiers résultats dimanche soir, Guillaume Peltier, co-leader d'une motion La Droite forte prétendant incarner la "Génération Sarkozy", crachait le morceau: "Vu le faible écart, le grand vainqueur du jour s'appelle Nicolas Sarkozy."

Ce lundi, le complice de Peltier, Geoffroy Didier, confirme: "L'UMP a manifestement du mal à se trouver un leader naturel. Le sarkozysme reste plus que jamais le ciment de l'unité de notre famille. Sur le terrain, dans les réunions publiques, les militants demeurent profondément attachés à Nicolas Sarkozy, ils ont avec lui un lien affectif et politique."

Pendant la campagne, les proches de l'ancien président de la République avaient bien pris soin de se ranger très équitablement derrière Copé ou Fillon: Jean Sarkozy, Brice Hortefeux et Henri Guaino pour le premier, Claude Guéant et Christian Estrosi pour le second. Ce qui fut interprété comme une manière de ménager chaque camp tout en évitant un trop large succès de François Fillon. Histoire de ne pas insulter l'avenir...

Au milieu du champ de mines qu'est devenue l'UMP depuis dimanche soir, l'heure est à la prudence. Si le facétieux sénateur de Paris, Pierre Charon, est arrivé au siège du parti en arborant un iPad dont la housse indiquait "Nicolas, Reviens!", le député Thierry Mariani, lui aussi pro-Copé, estime que "ce n'est pas le sujet". Sur BFMTV, Guéant, qui dit souhaiter un retour de Nicolas Sarkozy dans la vie politique française, a estimé que "ce n'était certainement pas le moment pour lui de revenir dans l'arène."

Plusieurs raisons à cela. Tout d'abord, six mois seulement après sa défaite, le mari de Carla Bruni met volontairement de la distance avec l'actualité française, entre rencontres avec les grands de ce monde et conférences richement rémunérées. Ensuite, mieux vaut pour lui se tenir à l'écart des remous qui vont agiter pendant quelques mois le parti après le traumatisme de dimanche.

Enfin et surtout, une croix rouge clignote sur l'agenda de Nicolas Sarkozy cette semaine : selon le Figaro, il est convoqué ce jeudi par le juge bordelais Jean-Michel Gentil dans le cadre de l'affaire Bettencourt pour s'expliquer sur de possibles financements illicites de sa campagne de 2007. Une mise en examen assombrirait à coup sûr le sourire de celui que certains voient comme un vainqueur...

Par Thierry Dupont, L'Express.fr

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