Poutine estime que sans son soutien à Assad, la crise migratoire serait encore pire en Syrie

15/09/15 à 13:43 - Mise à jour à 13:58

Vladimir Poutine a défendu mardi sa stratégie de soutien au régime du président syrien Bachar al-Assad en réponse aux accusations de Washington concernant un déploiement récent de matériel militaire et de soldats russes dans le nord de la Syrie.

Poutine estime que sans son soutien à Assad, la crise migratoire serait encore pire en Syrie

© Reuters

Dans le même temps, le chef de l'Etat russe a estimé que la plupart des migrants syriens cherchant à se rendre en Europe fuyait les groupes "radicaux", notamment le groupe Etat islamique, et non les bombardements de l'armée syrienne régulière. Et si la Russie cessait son soutien à Bachar al-Assad, le flot de réfugiés serait encore plus important, a défendu Vladimir Poutine.

"Nous soutenons le gouvernement syrien dans sa lutte contre l'agression terroriste, nous lui avons proposé et nous continuerons de lui offrir une aide militaire technique", a déclaré M. Poutine à Douchanbe, faisant référence aux contrats de livraison d'armements signés avec Damas, dont la Russie est un des principaux alliés.

Depuis plusieurs jours, Washington accuse la Russie de renforcer sa présence militaire en Syrie, notamment à Lattaquié, un des fiefs alaouites du régime.

Des responsables américains ont ainsi estimé que la Russie construisait une "base aérienne avancée" à Lattaquié et évoqué la construction de préfabriqués, d'une tour de contrôle aérien mobile, l'arrivée de dizaines de soldats, d'artillerie et de chars.

Une source anonyme au sein du ministère russe de la Défense citée mardi par le quotidien Vedomosti a affirmé que Moscou reconstruisait l'aéroport parce qu'il est en mauvais état.

Officiellement, la Russie n'est présente militairement en Syrie que via ses installations logistiques dans le port de Tartous, un autre fief de Bachar al-Assad.

Vladimir Poutine, qui s'exprimait dans le cadre du sommet à Douchanbé de l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) regroupant plusieurs ex-républiques soviétiques, a de nouveau appelé à une coalition contre l'EI, qui inclurait la Syrie et l'Irak.

"La priorité aujourd'hui est la nécessaire union de nos forces contre le terrorisme. Sans cela, il est impossible de résoudre d'autres problèmes urgents, comme le problème des réfugiés", a-t-il déclaré.

"Si la Russie ne soutenait pas la Syrie alors la situation dans ce pays serait encore pire qu'en Libye et le flot de réfugiés serait encore plus important", a affirmé M. Poutine.

"Nous ne déstabilisons pas la situation (dans les pays d'où sont originaires les réfugiés). Ce n'est pas nous qui y détruisons et y avons détruit les instances gouvernementales du pouvoir, créé un vide autour du pouvoir qui a vite été occupé par les terroristes", a-t-il accusé.

En quatre ans, le conflit syrien a fait plus de 240.000 morts et provoqué la plus grave crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale. Des dizaines de milliers de Syriens, Libyens, Afghans, Somaliens et Érythréens sont arrivés ces dernières semaines en Europe.

Avec AFP

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